3 Baruch
Dossier3 Baruch 4
Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien · S1_COMPLET_VALIDE · statut canonique distinct
Source : grec OCP / Picard 1967 · collation de l’imprimé ouverte
Apocalypses et visions · Apocalyptique ancienne · Grec et slavon · transmission chrétienne · Texte ancien · statut distinct du canon biblique
Après tout ce que j’avais vu, je demandai encore à mon guide de poursuivre : « Seigneur, tu m’as déjà montré des merveilles ; conduis-moi jusqu’au bout de la révélation. »
L’ange m’invita à avancer. Le texte est ici interrompu par une lacune, puis reprend en disant que nous quittâmes cet endroit pour un voyage figuré par cent quatre-vingt-cinq jours de marche.
Je découvris alors l’Hadès, présenté comme une réalité obscure et profanée.
Devant cette vision, j’interrogeai l’ange sur le dragon et sur l’être cruel qui se trouvait autour de lui.
Il m’expliqua que le dragon se nourrit des corps de ceux qui ont passé leur vie dans le mal.
Le récit associe ensuite à cette figure l’Hadès, semblable au dragon, et décrit le dragon buvant à la mer sans jamais l’épuiser.
Lorsque je demandai comment cela était possible, l’ange répondit que Dieu avait établi trois cent soixante fleuves, parmi lesquels l’Alphias, l’Abyros et le Gérikos, et que leurs eaux empêchaient la mer de manquer.
Je voulus alors connaître l’arbre par lequel Adam avait été trompé. Selon l’ange, il s’agissait de la vigne plantée par Samaël. Dieu avait maudit Samaël et sa plantation et interdit à Adam d’y toucher ; le diable, jaloux, s’en servit pourtant pour le tromper.
Je demandai comment une plante liée à la malédiction et à la perte d’Adam pouvait être devenue si utile aux humains.
L’ange répondit en remontant au déluge : les eaux qui détruisirent toute chair et les quatre cent neuf mille géants montèrent jusque dans le paradis. Elles en emportèrent les fleurs et rejetèrent hors du jardin le sarment de la vigne.
Après le retrait des eaux, Noé sortit de l’arche et se mit à replanter ce qu’il trouvait.
Il découvrit le sarment sans savoir ce que c’était. L’ange dit qu’il vint alors lui en révéler l’histoire.
Connaissant le sort d’Adam, Noé hésita à le planter et craignit d’attirer sur lui la colère de Dieu. Il pria pour recevoir une réponse.
Durant quarante jours, il supplia et pleura devant Dieu, demandant ce qu’il devait faire de cette plante.
Dieu lui envoya Sarasaël : Noé devait planter le sarment. La malédiction serait changée en bénédiction, l’amertume en douceur, et le produit de la vigne deviendrait « sang de Dieu ». Le texte rattache explicitement cette restauration à Jésus-Christ Emmanuel et au retour vers le paradis.
L’ange avertit toutefois Baruch : comme Adam avait perdu la gloire de Dieu par cet arbre, ceux qui abusent aujourd’hui du vin se rendent eux-mêmes coupables d’une faute encore plus grave et s’éloignent de cette gloire.
Le passage juxtapose deux affirmations difficiles : d’abord que « tout bien » vient par la vigne, puis qu’aucun bien ne vient de l’ivresse. Son propos moral est clair : l’excès de vin détruit la compassion familiale et conduit aux meurtres, adultères, débauches, faux serments, vols et autres violences.