3 Baruch
Dossier3 Baruch 6
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien · S1_COMPLET_VALIDE · statut canonique distinct
Source : grec OCP / Picard 1967 · collation de l’imprimé ouverte
Apocalypses et visions · Apocalyptique ancienne · Grec et slavon · transmission chrétienne · Texte ancien · statut distinct du canon biblique
Il me prit et me conduisit au lieu d’où sort le soleil.
Je vis un char à quatre attelages, brûlant par-dessous. Sur le char, un homme portait une couronne de feu. Quarante anges le conduisaient. Et devant le soleil courait un oiseau immense — grand comme neuf montagnes !
Je demandai : « Quel est cet oiseau ? » L’ange répondit : « Le gardien du monde ! »
« Seigneur, comment garde-t-il le monde ? Apprends-le-moi ! »
L’ange dit : « Il court avec le soleil. Il déploie ses ailes et reçoit ses rayons de feu.
Sans lui, nul humain, nul être vivant ne pourrait survivre. Dieu l’a établi pour cela. »
L’oiseau ouvrit ses ailes. Sur l’aile droite, je vis des lettres d’or, immenses, couvrant une aire de près de quatre mille boisseaux.
« Lis ! » me dit l’ange. Et je lus : « Ni la terre ne m’enfante, ni le ciel : des ailes de feu m’enfantent ! »
Je demandai : « Seigneur, quel est cet oiseau ? Quel est son nom ? »
« Il s’appelle Phénix. »
« Que mange-t-il ? » — « La manne du ciel et la rosée de la terre. »
« Rejette-t-il des excréments ? » — « Il rejette un ver, et ce que rejette le ver devient du cinnamome dont usent rois et princes. Reste ici : tu verras la gloire de Dieu ! »
À ces mots, un fracas de tonnerre éclata. Le lieu trembla sous nos pieds. Je demandai : « Mon seigneur, quel est ce bruit ? » L’ange répondit : « Les anges ouvrent les trois cent soixante-cinq portes du ciel. La lumière se sépare des ténèbres ! »
Une voix cria : « Donneur de lumière, donne au monde ton éclat ! »
J’entendis alors le battement de l’oiseau. « Seigneur, qu’est-ce que ce bruit ? »
Il répondit : « C’est lui qui réveille les coqs de la terre. Comme les “double-bouches”, le coq avertit le monde dans son propre langage. Les anges préparent le soleil — et le coq lance son cri ! »