Jubilés
IntroductionJubilés 7
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
La première année de la septième semaine de ce jubilé, Noé planta une vigne sur le mont Lubar, là même où l’arche s’était arrêtée. La vigne porta du fruit la quatrième année ; il en suivit la maturation et fit la vendange au septième mois.
Noé transforma les raisins en vin, le mit dans un récipient et le conserva jusqu’à la cinquième année, au premier jour du premier mois.
Il célébra alors ce jour dans la joie et offrit au Seigneur un jeune taureau, un bélier, sept agneaux d’un an et un chevreau comme holocauste d’expiation pour lui-même et pour ses fils.
Il prépara d’abord le chevreau, appliqua son sang sur la chair de l’autel et y plaça toute sa graisse ; il fit ensuite de même avec le taureau, le bélier et les agneaux.
Il ajouta les offrandes mêlées d’huile, versa du vin sur le feu de l’autel, répandit de l’encens et fit monter devant le Seigneur son Dieu un parfum agréable.
Puis Noé se réjouit avec ses enfants et but avec eux du vin dans la joie.
Le soir, il rentra dans sa tente. Pris par l’ivresse, il s’endormit sans être couvert.
Cham vit son père nu et sortit raconter ce qu’il avait vu à ses deux frères.
Sem et Japhet prirent alors un vêtement sur leurs épaules, avancèrent à reculons et couvrirent leur père sans regarder sa nudité.
À son réveil, Noé apprit ce que son plus jeune fils avait fait et prononça une malédiction sur Canaan : « Qu’il soit serviteur de ses frères. »
Il bénit ensuite Sem en déclarant : « Béni soit le Seigneur, Dieu de Sem ; que Canaan soit son serviteur. »
Puis il ajouta : « Que Dieu mette Japhet au large ; qu’il demeure dans les tentes de Sem, et que Canaan soit son serviteur. »
Cham apprit que son père avait maudit son plus jeune fils et en éprouva du ressentiment. Il se sépara alors de Noé avec ses fils Koush, Mitsraïm, Pout et Canaan.
Cham bâtit une ville et lui donna le nom de sa femme, Néelatamaouk.
En voyant cela, Japhet fut jaloux de son frère et construisit lui aussi une ville, qu’il nomma d’après sa femme, Adatanésès.
Sem, lui, resta auprès de Noé. Il bâtit une ville près de son père, sur la montagne, et l’appela Sedeqetelebab, du nom de sa femme.
Les trois villes étaient proches du mont Lubar : Sedeqetelebab à l’est, Néelatamaouk au sud et Adatanésès à l’ouest.
Les fils de Sem furent Élam, Assour, Arpakshad — né deux ans après le déluge —, Loud et Aram.
Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Yavân, Toubal, Méchek et Tiras. Tels étaient les descendants immédiats de Noé par Japhet.
Au vingt-huitième jubilé, Noé enseigna à ses petits-fils les prescriptions, les commandements et les jugements qu’il connaissait. Il les exhorta à vivre dans la justice, à couvrir leur nudité, à bénir leur Créateur, à honorer leurs parents, à aimer leur prochain et à se garder de l’immoralité, de l’impureté et de l’injustice.
Noé expliqua que le déluge était venu notamment à cause de la transgression des Veilleurs, qui avaient quitté l’ordre fixé pour eux afin de prendre pour femmes les filles des hommes et avaient ainsi introduit l’impureté.
Leurs fils, appelés Naphidim, se divisèrent en groupes différents qui se détruisirent mutuellement : Géants, Naphil et Eljo se combattirent, et les humains eux-mêmes s’entretuèrent.
L’injustice et l’effusion de sang se répandirent ainsi au point de remplir la terre.
La corruption atteignit aussi la relation avec les animaux et les oiseaux ; beaucoup de sang fut versé et les pensées humaines restaient orientées vers la vanité et le mal.
À cause de cette violence et du sang répandu, le Seigneur détruisit de la surface de la terre les êtres qui s’y trouvaient.
Noé dit alors à ses fils : « Nous seuls avons été laissés avec les créatures entrées dans l’arche. Pourtant je vois déjà que vos actes s’éloignent de la justice : vous vous divisez, vous vous jalousez et vous ne vivez plus en paix les uns avec les autres.
Je vois aussi les démons commencer à vous séduire, vous et vos enfants. Je crains qu’après ma mort vous ne versiez de nouveau le sang humain et ne soyez à votre tour retranchés de la terre.
Celui qui verse le sang humain, comme celui qui consomme le sang contenu dans la chair, est menacé de destruction.
Le livre affirme qu’aucune descendance durable ne subsistera pour celui qui persiste à manger le sang ou à répandre le sang humain ; il descendra au lieu de condamnation et connaîtra une mort violente.
Lorsque vous tuez un animal, ne laissez pas son sang exposé : couvrez-le sur la terre afin de ne pas porter sur vous le sang répandu.
Ne mangez donc jamais avec le sang et ne laissez personne le faire devant vous. J’ai reçu l’ordre de témoigner de cette règle devant vous, vos enfants et toute chair.
Ne consommez pas la vie avec la chair, afin que votre propre sang — votre vie — ne soit pas réclamé à ceux qui le verseraient.
Dans la logique juridique du livre, le sang répandu souille la terre, et cette souillure ne peut être effacée que par le jugement du responsable de l’effusion de sang.
Noé poursuit : « Écoutez-moi, mes enfants. Pratiquez le droit et la justice afin d’être affermis sur la terre et que votre conduite soit agréée devant le Dieu qui m’a sauvé du déluge.
Vous bâtirez des villes et planterez toutes sortes de plantes et d’arbres fruitiers.
Pendant les trois premières années, vous ne mangerez pas leurs fruits. La quatrième année, ces fruits seront consacrés comme prémices au Dieu Très-Haut ; une part de vin et d’huile sera offerte au Seigneur, et le reste pourra être mangé par ceux qui servent devant son autel.
À partir de la cinquième année, vous pourrez disposer des fruits. Agissez alors dans la justice et la droiture, et vos plantations prospéreront.
Noé présente ces commandements comme une tradition reçue : Hénok les avait transmis à Mathusalem, Mathusalem à Lamek, puis Lamek à Noé.
« À mon tour, mes fils, je vous transmets ce commandement, comme Hénok l’avait fait pour son fils et ses descendants. »