Jubilés

Introduction

Jubilés 6

Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase

Le premier jour du troisième mois, Noé sortit de l’arche et bâtit un autel sur la montagne.

Il accomplit un rite d’expiation pour la terre : avec le sang d’un chevreau, il fit expiation pour la culpabilité du monde qui venait d’être détruit, à l’exception de ceux qui avaient survécu avec lui dans l’arche.

Il plaça la graisse sur l’autel puis offrit un taureau, un bouc, un mouton, des chevreaux, du sel, une tourterelle et un jeune pigeon. Il versa aussi une offrande mêlée d’huile, du vin et de l’encens ; le tout monta devant le Seigneur comme un parfum agréable.

Le Seigneur accueillit ce parfum et conclut une alliance avec Noé : il n’enverrait plus de déluge pour détruire la terre. Tant que la terre subsisterait, semailles et moissons, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit continueraient selon leur ordre.

Dieu déclara ensuite : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre. Je mettrai la crainte de vous sur les créatures de la terre et de la mer.

Je vous donne pour nourriture les bêtes, les oiseaux, les animaux qui se déplacent sur le sol, les poissons et toutes choses, comme je vous avais donné les plantes vertes.

Mais vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c’est-à-dire avec son sang, car la vie de toute chair réside dans le sang. Je demanderai compte du sang humain à l’homme comme à la bête.

Celui qui verse le sang humain verra son propre sang versé par l’homme, puisque l’être humain a été fait à l’image de Dieu.

Et vous, soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre. »

Noé et ses fils jurèrent de ne pas consommer le sang contenu dans la chair. En ce mois, Noé conclut devant le Seigneur une alliance destinée à toutes les générations de la terre.

Le récit relie cette alliance à celle que Moïse doit conclure avec Israël sur la montagne : elle doit être confirmée par serment et par une aspersion de sang.

Ce témoignage ordonne de ne jamais consommer le sang des animaux. Celui qui transgresse cette interdiction est présenté, avec sa descendance, comme devant être retranché du pays.

Moïse doit donc ordonner aux fils d’Israël de s’abstenir du sang afin que leur nom et leur descendance demeurent devant le Seigneur leur Dieu.

Cette prescription est présentée comme perpétuelle. De génération en génération, Israël doit rechercher l’expiation par le sang devant l’autel, matin et soir, et demander continuellement pardon devant le Seigneur afin de demeurer fidèle à cette loi.

Dieu donna ensuite à Noé et à ses fils un signe attestant qu’aucun nouveau déluge ne détruirait la terre.

Il plaça son arc dans la nuée comme signe de cette alliance durable : tant que la terre subsisterait, aucun déluge universel ne la détruirait de nouveau.

Le livre rattache à cette alliance l’institution annuelle de la fête des Semaines, inscrite sur les tables célestes pour être célébrée chaque année au même mois comme renouvellement de l’alliance.

Cette fête, affirme le récit, était déjà célébrée dans le ciel depuis la création. Noé et ses fils la gardèrent après le déluge, puis elle fut abandonnée après la mort de Noé jusqu’au temps d’Abraham ; durant cet oubli, ses descendants se mirent aussi à consommer du sang.

Abraham observa de nouveau la fête, puis Isaac, Jacob et leurs descendants jusqu’au temps de Moïse. À l’époque de Moïse, Israël l’avait oubliée avant de la célébrer de nouveau sur la montagne.

Moïse doit donc ordonner aux fils d’Israël de célébrer cette fête chaque année, au mois fixé, comme commandement durable pour toutes leurs générations.

Il s’agit à la fois de la fête des Semaines et de celle des prémices ; le texte insiste sur ces deux dimensions et demande qu’elle soit célébrée selon ce qui est écrit.

Le livre rappelle qu’une première Loi avait déjà prescrit de célébrer cette fête une fois par année au temps fixé et en avait précisé les sacrifices, afin qu’Israël s’en souvienne de génération en génération.

Les premiers jours des premier, quatrième, septième et dixième mois sont présentés comme jours de mémoire marquant les quatre grandes divisions de l’année.

Noé les institua pour lui-même comme fêtes destinées aux générations futures ; ils devinrent ainsi des jours mémoriels.

Le premier jour du premier mois lui rappelait l’ordre de construire l’arche ; ce fut aussi le jour où la terre devint visible et où il ouvrit l’arche pour la contempler.

Le premier jour du quatrième mois, les ouvertures du grand abîme furent fermées ; le premier jour du septième mois, celles de la terre furent ouvertes afin que les eaux y redescendent.

Au premier jour du dixième mois, les sommets des montagnes reparurent, ce qui remplit Noé de joie.

Pour ces raisons, Noé établit ces quatre dates comme fêtes de mémoire permanentes.

Elles furent inscrites sur les tables célestes. Chacune des quatre périodes de l’année compte treize semaines, et leur succession structure l’ensemble de l’année.

Le compte total forme cinquante-deux semaines de jours, soit une année complète, selon ce qui est gravé sur les tables célestes.

Le texte ordonne de ne jamais négliger ce calcul, d’une année à l’autre.

Israël doit donc compter les années sur une base de trois cent soixante-quatre jours afin que jours et fêtes restent à leur place et que chaque célébration arrive au moment fixé.

Si ce compte n’est pas respecté, affirme le livre, les saisons se déplaceront, les années sortiront de leur ordre et les prescriptions seront négligées.

Les fils d’Israël risqueraient alors d’oublier le chemin des années, les nouvelles lunes, les saisons et les sabbats, et de perdre l’ordre des fêtes.

L’ange affirme connaître d’avance ce danger, non par sa propre pensée mais parce que le livre et la division des jours sont écrits devant lui sur les tables célestes, afin que les fêtes de l’alliance ne soient pas remplacées par celles des nations.

Le texte met particulièrement en garde contre un calendrier réglé sur la lune, qu’il présente comme déplaçant les saisons d’environ dix jours par année.

À cause de ce décalage, les jours de témoignage et les fêtes finiraient par être confondus : le saint serait pris pour l’impur et l’impur pour le saint, parce que le compte des mois, sabbats, fêtes et jubilés serait bouleversé.

Moïse doit donc avertir le peuple qu’après sa mort ses descendants risquent d’abandonner l’année de trois cent soixante-quatre jours, de dérégler les nouvelles lunes, les saisons, les sabbats et les fêtes, et de retomber aussi dans la consommation du sang.

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