Jubilés

Introduction

Jubilés 6

Nuances du texte source · restitution Déployée

Le premier jour du troisième mois, Noé sortit de l’arche et bâtit un autel sur cette montagne.

Il se présenta sur la terre, prit un chevreau et fit expiation par son sang pour tous les péchés de la terre, car tout ce qui s’y trouvait avait été détruit, sauf ceux qui étaient avec Noé dans l’arche.

Il plaça la graisse sur l’autel. Puis il prit un taureau, un bélier, un mouton, des boucs, du sel, une tourterelle et une colombe ; il les offrit en holocauste, répandit une offrande mêlée d’huile, versa du vin, mit de l’encens sur le tout et fit monter une agréable odeur devant le Seigneur.

L’alliance associe l’interdiction d’un nouveau Déluge au maintien régulier des cycles agricoles, climatiques et temporels.

L’humanité reçoit à nouveau la bénédiction de fécondité et une domination exprimée ici par la crainte inspirée aux animaux.

Après le Déluge, la permission alimentaire s’étend explicitement aux animaux, avec comparaison à la permission antérieure concernant les végétaux.

Le texte identifie le sang à la vie de l’être animé et fonde sur cette conception l’interdit alimentaire et l’exigence de compte pour le sang humain.

La sanction de l’homicide est reliée directement à la dignité de l’humain créé à l’image divine.

La bénédiction de fécondité est répétée après les prescriptions sur le sang.

L’interdit du sang est ratifié par serment et intégré à une alliance durable, située dans le troisième mois.

C’est pourquoi il t’a ordonné, à toi aussi, de conclure avec les fils d’Israël, durant ce mois et sur cette montagne, une alliance accompagnée d’un serment, et de répandre sur eux du sang à cause de toutes les paroles de l’alliance conclue avec eux pour toujours.

L’interdit du sang reçoit ici la forme d’un témoignage permanent, assorti d’une sanction visant l’auteur et sa descendance.

L’observance de l’interdit du sang est directement associée à la permanence d’Israël devant Dieu.

Cette loi n’a pas de limite : elle est éternelle. Ils la garderont de génération en génération, faisant chaque jour expiation pour eux-mêmes par le sang devant l’autel, matin et soir, afin d’obtenir le pardon devant le Seigneur et de ne pas être retranchés.

Dieu donna à Noé et à ses fils un signe garantissant qu’il n’y aurait plus de Déluge sur la terre.

L’arc dans la nuée fonctionne comme signe cosmique permanent de l’alliance noachique.

Jubilés fonde ici la fête des Semaines sur le renouvellement annuel de l’alliance, dans le troisième mois.

Le livre inscrit la fête dans une histoire céleste puis humaine et relie son abandon à la transgression de l’interdit du sang.

Le Sinaï n’est pas présenté comme l’origine absolue de la fête, mais comme son renouvellement pour Israël après une période d’oubli.

La fête reçoit un statut normatif permanent pour Israël.

Le texte identifie une même fête par deux désignations : Semaines et Premiers Fruits.

Le commandement est rattaché à un écrit antérieur appelé « livre de la première Loi » et à un sacrifice déterminé.

Le calendrier est structuré en quatre trimestres marqués chacun par un jour mémorial au début des mois 1, 4, 7 et 10.

Les quatre dates calendaires sont reliées aux principaux jalons du récit du Déluge.

Le premier repère trimestriel est lié à la construction de l’arche puis au dessèchement de la terre.

Les deuxième et troisième repères trimestriels sont associés à deux étapes opposées du retrait des eaux.

Le quatrième repère trimestriel commémore la réapparition des montagnes.

Voilà pourquoi Noé institua ces jours comme fêtes de mémorial pour toujours ; ainsi furent-ils fixés.

Le calendrier est constitué de quatre périodes de treize semaines, soit quatre trimestres réguliers.

Le calcul donne 52 semaines, soit 364 jours.

Ainsi cela a été gravé et ordonné sur les tables célestes : on ne doit pas décaler une seule année d’une année à l’autre.

Le livre prescrit explicitement une année de 364 jours afin de préserver l’alignement stable des jours, sabbats et fêtes.

S’ils transgressent cet ordre et ne célèbrent pas les temps prescrits, ils dérègleront leurs saisons ; les années et les temps seront déplacés et sortiront de leur ordre.

La conséquence annoncée est une désorientation religieuse totale du calendrier.

L’autorité de la révélation calendaire est explicitement attribuée à un livre céleste et aux tables célestes, non à l’opinion du narrateur angélique.

Le texte polémique ici contre un calendrier lunaire, auquel il attribue un décalage annuel de dix jours par rapport à son année idéale de 364 jours.

La conséquence religieuse du mauvais calendrier est la confusion des catégories saint/profane et le déplacement de toutes les observances.

Le chapitre se clôt en liant deux désordres majeurs : corruption du calendrier et transgression de l’interdit du sang.

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