Jubilés
IntroductionJubilés 5
Nuances du texte source · restitution Déployée
Lorsque les humains commencèrent à se multiplier sur toute la terre et que des filles leur naquirent, les anges du Seigneur virent qu’elles étaient belles. Ils prirent pour femmes celles qu’ils choisirent ; elles leur donnèrent des enfants, et ces enfants furent des géants.
La corruption est cosmique : elle atteint non seulement l’humanité mais l’ensemble du vivant. Le texte parle à la fois de « voie » et d’« ordre », comme si chaque catégorie créée avait abandonné la conduite qui lui avait été assignée.
Le diagnostic divin reprend le vocabulaire du verset précédent et transforme la corruption générale en motif de jugement.
La sentence de destruction universelle répond à l’universalité de la corruption décrite aux versets précédents.
Noé est isolé de la condamnation générale : le motif de la faveur prépare son salut et celui de sa famille.
Le jugement distingue les anges fautifs des anges narrateurs : les premiers perdent leur autorité et sont emprisonnés sous terre par les seconds.
Le sort des descendants géants diffère de celui de leurs pères : non l’emprisonnement, mais la destruction par la violence qu’ils ont eux-mêmes propagée.
La limitation à cent vingt ans est insérée dans la séquence du jugement comme réduction de la durée humaine face à la corruption.
Le jugement prend la forme d’une autodestruction : les géants sont livrés à une violence réciproque qui reproduit le désordre qu’ils avaient imposé au monde.
La peine des Veilleurs associe la vision du désastre de leurs descendants à une détention prolongée jusqu’au jugement eschatologique.
La sentence est formulée comme totale et sans exception, ce qui prépare la restauration de l’ordre de la création.
Après le jugement, le texte annonce une création moralement renouvelée. La notion de « nature nouvelle et juste » donne au passage une portée qui dépasse le simple récit du déluge.
Le jugement de tous a été établi et écrit sur les tables célestes, sans injustice. Pour toute créature qui s’écarte de la voie prescrite, le jugement est déjà écrit selon son espèce.
L’énumération cosmique affirme l’universalité absolue du système judiciaire céleste, jusque dans les régions invisibles du monde des morts.
Le principe énoncé est celui d’un jugement individualisé et proportionné, malgré l’universalité du registre céleste.
Le langage judiciaire exclut deux formes de corruption : favoritisme personnel et pot-de-vin. La justice divine est déclarée incorruptible.
Au milieu de l’exposé universel du jugement, Israël reçoit une promesse de pardon liée au retour juste vers Dieu.
La mention annuelle inscrit le pardon dans un rythme cultuel récurrent, sans que le verset nomme encore explicitement le rite auquel il renvoie.
Noé illustre concrètement le principe du jugement : sa faveur n’est pas favoritisme arbitraire, mais correspond à la justice de sa conduite. Sa famille bénéficie de cette faveur.
La sentence du v.4 est reprise sous forme détaillée juste avant l’ordre de construire l’arche.
L’arche est introduite comme moyen précis du salut accordé à Noé.
Jubilés insère la construction de l’arche dans sa chronologie absolue et insiste sur l’obéissance exacte de Noé.
L’année suivante, au deuxième mois, Noé entra dans l’arche avec tout ce que nous lui avions amené, du premier au seizième jour du mois. Le Seigneur ferma l’arche de l’extérieur le soir du dix-septième jour.
Le déluge vient à la fois d’en haut et d’en bas : ciel et grand abîme sont ouverts symétriquement en sept points.
Pendant quarante jours et quarante nuits, les écluses firent descendre l’eau du ciel, tandis que les sources de l’abîme la faisaient monter, jusqu’à ce que toute la terre soit couverte.
Les eaux montèrent jusqu’à quinze coudées au-dessus de toutes les hautes montagnes. L’arche fut soulevée de terre et dériva à la surface des eaux.
La durée de la submersion est donnée sous deux formes équivalentes, mois puis jours.
Jubilés précise le lieu d’arrêt par le nom Lubar, identifié comme une montagne du massif d’Ararat.
Au quatrième mois, les sources du grand abîme furent fermées et les écluses du ciel retenues. Le premier jour du septième mois, les ouvertures des profondeurs de la terre s’ouvrirent et les eaux commencèrent à redescendre vers l’abîme inférieur.
Le premier jour du dixième mois, les sommets des montagnes apparurent ; le premier jour du premier mois, la terre devint visible.
Le calendrier du déluge se ferme presque exactement un an après la fermeture de l’arche : le 17 du deuxième mois, la terre est déclarée sèche.
La sortie de l’arche intervient dix jours après que la terre a été déclarée sèche, clôturant la séquence du déluge du chapitre.