3 Meqabyan
Introduction3 Meqabyan 4
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture
Le Seigneur d’Adam se tient là pour le délivrer ; il te confondra, toi aussi, et arrachera la brebis à la main du loup.
Mais toi, tu partiras avec ceux qui t’ont servi, et vous serez emportés ensemble dans la perdition.
Ceux qui ont gardé la loi du Seigneur leur Dieu se réjouiront auprès de leur Créateur. Dieu les a préservés de tes œuvres mauvaises afin qu’ils lui appartiennent et qu’ils le louent avec ses saints anges, restés fidèles à sa loi.
Toi, ton orgueil t’a fait perdre le trône élevé que le Seigneur t’avait accordé au-dessus de tes semblables pour que tu le loues avec ses anges.
Toi, tu as refusé ta vocation ; dès lors tu fus appelé Diabolos, et les anges qui t’avaient suivi furent appelés démons.
Ceux qui aiment le Seigneur appartiendront à son peuple avec les saints anges ; chérubins et séraphins déploieront leurs ailes dans une louange continuelle.
Par ta négligence et ton orgueil, tu as détruit ta propre vocation de louange, celle que tu devais accomplir sans cesse avec ton ordre et avec toute l’assemblée créée à tes côtés.
Tu as oublié de louer celui qui t’avait créé et tu t’es cru irremplaçable. Mais lorsque tu as été séparé de tes frères, Dieu n’a pas laissé sa louange s’interrompre.
Ton cœur s’est élevé et tu as délaissé la louange de celui qui t’avait créé. Il s’est alors tourné contre toi, t’a abaissé et t’a lié avec tes démons dans la terreur de la Géhenne.
Dieu prit de la matière de la terre dans ses mains saintes ; il y mêla l’eau, le feu et le vent, puis forma Adam à son image et à sa ressemblance.
Il plaça Adam au milieu de toutes les œuvres de ses mains pour remplir la place que ta louange avait laissée vide ; dès lors, la louange de l’être terrestre se joignit à celle des êtres célestes, dans un même accord.
Mais toi, ton orgueil et la raideur de ton cou t’ont conduit à l’exil ; tu t’es toi-même retranché de la louange de ton Créateur.
Comprends-le : la louange de Dieu n’a pas été amoindrie. Selon son propre dessein, il a suscité celui qui le louerait afin que sa gloire ne connaisse aucun manque.
Dieu connaissait tout avant que cela soit. Avant de te créer, il savait déjà que tu franchirais son commandement ; et lorsque la transgression toucha Adam, il l’établit comme son serviteur, à son image et à sa ressemblance, selon un dessein caché dès avant le monde.
Comme le dit Salomon : « Avant les montagnes, il m’a fait naître ; avant que le monde prenne forme, il m’a créé, avant même que les fondements de la terre soient posés. »
Avant qu’il ne dispose les montagnes et les collines, avant que les voies du monde soient affermies, avant que la lumière du soleil et de la lune resplendisse, avant encore la course des étoiles et des temps.
Avant que nuit et jour soient distingués, avant que la mer reçoive ses limites, avant que tout ce qui est aujourd’hui ne soit appelé à l’existence.
Avant que le visible paraisse et avant que les choses reçoivent leur nom, toi, ceux de ton rang et Adam son serviteur étiez déjà présents dans le dessein de Dieu.
Quand tu as franchi le commandement au lieu de demeurer dans la louange de son saint nom, et lorsque tu t’es élevé, Dieu forma Adam son serviteur, humble créature tirée de la terre, afin que sa louange demeure.
Dieu entend la prière du pauvre, même de loin, et prend plaisir à la louange de ceux qui s’abaissent devant lui.
Dieu rejette la parole de l’orgueilleux. Il n’est pas séduit par la puissance du cheval ni par la force humaine : sa faveur va à ceux qui le craignent.
Ils pleurent et élèvent leur plainte à cause des fautes qu’ils ont commises.
Toi, au contraire, tu n’as pas su te soumettre pour revenir dans la repentance.
Adam, pourtant fait de terre, revint vers Dieu dans la repentance, pleurant et se lamentant sur sa faute devant son Créateur.
Ton cœur orgueilleux et ton cou raide t’ont empêché de connaître le chemin de la paix et celui du retour ; tu n’as pas voulu t’incliner devant ton Créateur avec repentance et larmes.
Lui qui était terre et poussière revint pourtant par les pleurs et les larmes, retrouvant le chemin de la repentance, de la paix et de l’humilité.
Toi, tu n’as ni incliné la tête ni laissé ton cœur se soumettre devant ton Créateur.
Adam fit l’inverse : il inclina la tête, s’humilia à cause de son péché et ne chercha pas à s’élever.
Cette faute ne venait pas du Dieu qui avait créé Adam : elle est venue de toi, qui as fait germer la rébellion et l’as entraîné avec toi vers la ruine.
Dieu sait que cette histoire vient de ton orgueil. Avant de vous créer l’un et l’autre, il vous connaissait déjà et connaissait le chemin que vous prendriez.
Adam ne portait pas en lui cette même ruse orgueilleuse ; il fut ramené par la repentance, les pleurs et les larmes.
Toi, ton orgueil t’a empêché de revenir. Celui qui pèche puis refuse de s’humilier aggrave encore son mal au-delà de sa première transgression.
Celui qui a péché mais revient, s’abaisse et pleure devant son Créateur entre véritablement dans la repentance et retrouve le chemin du salut ; Dieu accueille son humiliation et lui pardonne sa faute ancienne.
La repentance devient complète lorsqu’on ne revient pas à la faute abandonnée. Adam, lui, garda mémoire de son Dieu et revint humblement vers son Créateur.
Toi aussi, reviens vers ton Créateur et cesse d’ajouter la faute à la faute contre lui et contre ses créatures. Dieu connaît leur fragilité : ce sont des êtres de chair et de sang.
Quand l’âme quitte leur chair, le corps retourne à la poussière jusqu’au jour voulu par Dieu.