La Bible Savoy · Lecture
Bible Savoy · atelier des textes
1 Hénoch, les témoins en regard
Une même référence, plusieurs traditions de transmission. Comparez la traduction de La Bible Savoy, le témoin conservé dans les dossiers d’étude et l’édition éthiopienne EOTCed, sans effacer leurs différences.
Une correspondance de numérotation n’est pas nécessairement une identité textuelle. Les éditions OCP, R. H. Charles et EOTCed sont conservées distinctement ; l’édition ed1 de Dillmann (1851) n’est pas alignée automatiquement, faute de balisage sûr des versets.
Chargement de la table des témoins…
Le passage
Dossier d’étude
Le témoin associé
Beta maṣāḥǝft · EOTCed
Le témoin éthiopien
Les différences documentées
Comprendre les limites des éditions
Six numéros de La Bible Savoy n’existent pas dans EOTCed. Ils ne sont pas automatiquement reportés sur les versets voisins. Sélectionnez une référence pour examiner les témoins disponibles.
Deux références sont propres à EOTCed : 51,5 et 60,25. Elles sont attestées dans l’édition source, mais ne possèdent pas de numéro équivalent dans la table française : elles ne sont pas réassignées arbitrairement.
Lecture propre à l’édition EOTCed
Sept champs d’étude ont un témoin textuel vide : 76,13 ; 85,10 ; 89,48.5 ; 89,77 ; 91,14 ; 93,2 et 106,20. Cinq disposent d’une lecture dans EOTCed. Une absence dans le témoin d’étude ne signifie pas une lacune de la traduction française.
Relecture philologique
Deux passages à examiner sans modifier le texte
1 Hénoch 60,24–25. Les points de suspension de la traduction française sont présents dans l’édition anglaise de R. H. Charles. Les témoins guèzes OCP et EOTCed conservent aussi une unité 60,25 autonome. Cette différence de composition n’autorise pas à compléter automatiquement le français.
1 Hénoch 106,15–20. Charles place son verset 17 avant 15 et 16. Dans La Bible Savoy, les restitutions littérale et philologique répètent le thème des géants et de la purification en 106,15 et 106,18 ; l’index Étude signale déjà ce doublet. Une relecture de l’ensemble 106,15–20 est donc nécessaire avant tout changement de numérotation.
Les dossiers de témoins couvrent les 1 062 références de 1 Hénoch. L’index séparé des notes « Étude » en conserve actuellement 1 056 ; les six références restaurées n’y possèdent pas encore de notice. L’écart est signalé, sans fabriquer de commentaire.
Consulter les témoins documentaires : R. H. Charles, chapitre 60 et chapitre 106.
Atelier philologique · édition de travail
1 Hénoch 106 — projet de lecture en 19 versets
Voir également les huit pages de lecture de l’édition de travail à 19 versets, avec les anciennes références et les notes de révision, sans modifier le lecteur officiel.
Pour préserver les anciennes citations, l’édition de référence à 20 versets reste consultable séparément, avec ses huit restitutions et des liens vers chaque verset.
Proposition de révision, non intégrée au lecteur officiel. Cette composition conserve exactement les formulations existantes de La Bible Savoy. Elle écarte la première occurrence d’un passage répété sur les géants (numéro publié 15) et présente les autres passages dans un découpage à 19 versets, en regard de celui de R. H. Charles. Elle ne constitue pas encore une nouvelle édition validée.
Chargement de la proposition…
Chaque verset dispose de son témoin guèze EOTCed, dépliable pour vérifier les mots et les segments. Les numéros sont rapprochés à titre documentaire : il ne s’agit pas encore d’un alignement interlinéaire validé. Source : Beta maṣāḥǝft, LIT1340EnochE (édition TEI CC BY-SA 4.0 ; mention de droits du projet CC BY-NC-SA 4.0).
Comparer le verset actuellement publié sous le numéro 15
Lire la référence officielle 106,15. Elle reste inchangée et consultable normalement.
Pour 1 Hénoch 60,24–25 : les témoins guèzes OCP et EOTCed distinguent les deux unités, mais le texte français de 60,24 conserve une suspension empruntée à la tradition éditoriale de Charles. Aucune traduction de 60,25 n’est proposée ici sans collation philologique indépendante. Voir les témoins de 60,24.
Le témoin guèze de 60,24–25
Ces deux unités existent dans l’édition EOTCed. Le texte guèze est conservé dans sa graphie d’édition ; aucune traduction française nouvelle ni séparation éditoriale n’est inventée.
EOTCed 60,24 — texte éthiopien
EOTCed 60,25 — texte éthiopien
Retour au texte officiel de 1 Hénoch 106. Les citations, historiques et liens permanents continuent de renvoyer à la numérotation publiée à 20 versets.
Apparat critique · témoins distincts
Ce que révèlent le grec et le latin
La proposition de 19 versets se fonde principalement sur le témoin guèze EOTCed et sur le découpage de Charles. Un contrôle supplémentaire des fragments grecs et latins apporte une nuance importante. Les témoins ne doivent pas être fusionnés comme s’ils donnaient tous le même texte.
106,14 et 106,17 — deux segments grecs à distinguer
Le fragment grec de l’Online Critical Pseudepigrapha comporte « 17a » à l’intérieur de son verset 14 : la descendance des anges y est décrite comme charnelle plutôt que semblable aux esprits. Il conserve ensuite « 17b » comme unité distincte, après 106,16, au sujet de la terre apaisée de sa corruption.
Le témoin éthiopien EOTCed présente, quant à lui, le verset 106,17 comme une unité regroupant les géants, le jugement et la purification. Ces agencements éclairent la répétition française actuelle des thèmes des géants et de la purification en 106,15 et 106,18 ; ils ne démontrent pas, à eux seuls, que l’un des deux versets français doive être supprimé.
État philologique : segmentation grecque « 17a/17b » attestée ; rapport exact avec les formulations françaises à homologuer. La restitution grecque conservée est fragmentaire, et aucune version grecque complète de tout 1 Hénoch n’est postulée.
106,15–18 — une tradition latine partielle
Le fragment latin conservé par l’OCP situe un déluge après cinq cents ans et lui attribue quarante jours, alors que le témoin anglais de Charles rapporte une destruction pendant une année. Le latin cite également Sem, Cham et Japhet et rattache le nom de Noé au repos.
Ce n’est pas une variante que l’on peut résoudre en changeant simplement un numéro : il faut distinguer les données chronologiques propres au témoin latin de la durée du déluge indiquée dans les restitutions Savoy. Le latin est lacunaire à plusieurs endroits, notamment pour la matière grecque « 17b ».
État philologique : variante de tradition attestée ; aucun chiffre du texte officiel n’a été changé. L’identification des fragments et leurs lectures doivent être précisées dans une éventuelle édition critique.
60,24–25 — les deux unités éthiopiennes et la suspension de Charles
Le témoin éthiopien OCP couvre les chapitres 1 à 71 et atteste 60,24 et 60,25 comme deux unités. En 60,24, sa lecture se poursuit après les deux monstres : elle évoque le châtiment et les enfants avec leurs mères et leurs pères. En 60,25, elle reprend le châtiment du Seigneur des esprits, puis le jugement selon sa miséricorde et sa patience.
Le texte français publié de 60,24 s’interrompt après l’annonce de nourriture, à l’image de la traduction de Charles. Cette suspension est donc une limitation de la restitution française actuelle, pas une preuve que les témoins guèzes seraient eux-mêmes interrompus.
Une future traduction contrôlée doit examiner notamment le sens et la voix du verbe éthiopien associé à la nourriture : les rendus secondaires divergent sur « nourrir » et « être nourri ». Le texte définitif ne doit pas trancher ce point uniquement en recopiant une traduction secondaire.
60,24–25 — le verbe « nourrir » et les variantes de rédaction
Le guèze des deux éditions comporte ይሴሰዩ, forme associée à ሴሰየ, dont le champ lexical comprend « nourrir, procurer de la nourriture ». Le dictionnaire de M. Priess (2025) distingue cette famille verbale d’une forme dérivée à valeur passive ou réflexive. Cela ne suffit pas à imposer mécaniquement un rendu français à cette phrase complexe. Référence lexicale.
Les huit restitutions françaises actuelles oscillent entre « nourriront », « seront donnés pour nourriture » et « serviront de nourriture ». Les traductions historiques proposent aussi « seront nourris ». Ces solutions correspondent à des analyses différentes : la prochaine étape est de vérifier la construction et les participants du verbe, et non d’en choisir une au seul motif qu’elle est plus élégante.
La comparaison mot à mot des deux fichiers éthiopiens fait apparaître en 60,24 trois écarts de transcription ou d’expression, dont le numéral écrit sous deux formes (፪ / ክልኤቱ) et la présence de ላዕለ en EOTCed. Les autres différences repérées comprennent des variantes graphiques qui ne doivent pas être artificiellement présentées comme des divergences doctrinales.
En 60,25, OCP répète une forme du verbe « reposer » (ተአርፍ), tandis qu’EOTCed ne la répète pas et utilise la graphie ተዐርፍ. Les deux textes concluent pourtant sur le jugement selon la miséricorde et la patience du Seigneur. La répétition éventuelle dans une traduction Littérale doit donc relever d’un choix d’édition explicitement motivé.
Révision de traduction à examiner : comparer les huit restitutions actuelles et les propositions complètes de 60,24–25. Il s’agit d’un atelier éditorial, pas d’une modification de la Bible publiée.
Nouvel arbitrage bibliographique : « seront nourris » est désormais la lecture privilégiée. Debra Scoggins Ballentine (Brown University, thèse de 2012, p. 233, note 338), s’appuyant sur Matthew Black, signale que la lecture passive des deux monstres nourris est attestée dans la tradition textuelle. À l’inverse, les traiter eux-mêmes comme nourriture relève de l’émendation reprise notamment par R. H. Charles, rapprochant artificiellement 1 Hénoch de 4 Esdras 6,52 et de 2 Baruch 29,4. Il serait donc imprudent de placer ces deux solutions sur un pied d’égalité. Ballentine, étude universitaire, p. 233 et note 338 ; Priess, lexique guèze.
Précision : cette préférence critique est fondée sur l’étude de la leçon transmise, pas sur une identification morphologique automatique de ይሴሰዩ. Le groupe verbal complet et son complément restent à collationner. Les huit propositions françaises de travail ont été réorganisées autour de « seront nourris », mais leur publication comme traduction biblique exige encore la relecture de l’éditeur.
Deux lectures du jugement, à ne pas confondre avec la forme du verbe. Dans son étude de 2010, Vered Hillel souligne que Matthew Black, à la suite de Dillmann, comprend le passif comme « être approvisionnés en nourriture » : les deux monstres recevraient en nourriture les victimes du déluge. Cette explication rattache le passage au premier jugement. Whitney et Knibb situent davantage cette séquence dans l'horizon du jugement final et la tradition du banquet eschatologique. La préférence pour un passif ne suffit donc pas à décider de l'époque du jugement ni de l'identité exacte des victimes.
La place de 60,24–25 est elle aussi discutée. Hillel distingue 60,24a–b, qui reprennent la question des monstres en 60,7–10, de 60,24c–25, consacrés au jugement. Knibb considère ces dernières lignes comme déplacées dans plusieurs manuscrits ; Charles a placé 60,25 après 60,6. Cette opération éditoriale ne correspond pas à une suppression attestée dans les deux éditions guèzes consultées.
Conséquence pour La Bible Savoy : « seront nourris » reste la leçon française de travail privilégiée, mais le complément sous-entendu et le cadre temporel doivent demeurer dans la note critique jusqu'à validation. Les huit propositions françaises restent non canoniques ; aucun verset, commentaire du lecteur ou compte global n'est modifié ici.
Références : Vered Hillel, « A Reconsideration of Charles's Designated Noah Interpolations », dans Noah and His Book(s) (2010), p. 39–41 ; Debra Scoggins Ballentine, thèse (2012), p. 233, note 338. Les arguments de Black, Dillmann, Knibb et Whitney sont attribués, non assimilés.
60,25 : témoin provisoirement privilégié. EOTCed conserve une seule occurrence du verbe « reposer » (ተዐርፍ) ; OCP en présente deux (ተአርፍ). Le dossier de traduction de travail privilégie la formulation sans répétition, tout en conservant la variante OCP dans l’apparat. Cela ne tranche pas définitivement la généalogie des manuscrits.
Statut : les projets de traduction française de 60,24 et 60,25 ont été rédigés dans les huit restitutions pour la revue philologique. Ils ne sont pas intégrés au lecteur, et aucune traduction ne présente encore une solution unique homologuée pour ይሴሰዩ. Sources : OCP et EOTCed, Beta maṣāḥǝft.
Décision éditoriale actuelle : conserver les vingt numéros dans le lecteur officiel, maintenir l’archive exacte de 106 et la candidate à dix-neuf versets en parallèle, puis valider la segmentation et la traduction de 60 sur pièces. L’objectif est une Bible Savoy philologiquement défendable, non une égalisation artificielle des comptes de versets.
Sources : OCP, 1 Hénoch (grec, latin, éthiopien) ; Beta maṣāḥəft, EOTCed ; Charles 106 et Charles 60. Les citations des versions modernes demeurent limitées à une analyse critique ; aucun témoin ne remplace automatiquement la traduction.
Éditions, sources et droits
La Bible Savoy : traduction de Pierre-Alain Savoy, restitution Lecture. Étude : témoin éthiopien OCP dans certains chapitres, puis témoin anglais secondaire R. H. Charles (1913). Leur nature et leur langue sont précisées sous chaque extrait.
EOTCed : transcription de l’édition éthiopienne conservée par le projet scientifique Beta maṣāḥǝft, Hiob-Ludolf-Zentrum für Äthiopistik (Hambourg), avec les contributions notamment de Ran HaCohen, Dorothea Reule, Nafisa Valieva et de leurs partenaires. Fichier TEI sous CC BY-SA 4.0 ; le projet mentionne également CC BY-NC-SA 4.0. Comparaison documentaire gratuite, sans finalité commerciale.
ed1, édition de Dillmann (1851), numérisée par Michal Jerabek (1995) : témoin distinct, autorisé à usage non commercial sous conditions propres, consultable chez Beta maṣāḥǝft mais non aligné verset par verset sur cette page. Aucune de ces lectures n’est déclarée être une nouvelle rédaction de La Bible Savoy.
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