Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 9
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé construit d’abord un réseau de citations autour du verbe « écouter ». La circoncision est déplacée de la chair vers les « oreilles » et le cœur :
entendre la voix de Dieu, accueillir la Parole et croire deviennent la véritable marque recherchée par son argument.
Les formules « Écoute, Israël », « écoute, ciel » ou « voix de celui qui crie dans le désert » sont assemblées comme preuves d’une circoncision intérieure de l’écoute.
L’auteur passe ensuite à une polémique beaucoup plus radicale contre la circoncision physique. Il affirme qu’elle a été « abolie/rendue inactive » comme fondement de confiance et soutient que Dieu n’avait pas voulu une circoncision de chair. La mention d’un « ange mauvais » ayant rendu Israël sophos — habile/sage d’une mauvaise manière — relève de sa polémique propre et ne doit pas être traitée comme description historique du judaïsme.
Barnabé cite ensuite des traditions sur la circoncision du cœur, la dureté du cœur et la nuque raidie ; elles permettent de distinguer, dans sa lecture, état corporel et disposition intérieure.
Son argument suivant est comparatif : d’autres peuples ou groupes — Syriens, Arabes, Égyptiens et prêtres d’idoles — connaissent également des pratiques de circoncision. La présence du rite physique ne peut donc constituer à elle seule la « preuve » de l’alliance dans le raisonnement de l’auteur.
Barnabé passe alors de l’exhortation prophétique à une exégèse numérique de Genèse 14,14. Les 318 hommes de la maison d’Abraham sont divisés en 18 et 300.
Dans la notation numérique grecque, 18 s’écrit ΙΗ : l’auteur y reconnaît les deux premières lettres du nom Ἰησοῦς. Trois cents s’écrit Τ : la forme de tau devient pour lui signe de la croix. Abraham aurait donc reçu, « en esprit », l’enseignement de trois lettres annonçant Jésus et la croix. Il s’agit d’une lecture gématrique chrétienne antique du nombre, non du sens historico-littéraire de Genèse 14,14.
Barnabé clôt la section en présentant cette interprétation comme un enseignement profond, implanté par Dieu et communiqué à des lecteurs qu’il juge aptes à le recevoir.