Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 9
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé revient à la circoncision, mais déplace aussitôt le thème vers l’écoute et le cœur. Il aligne plusieurs paroles prophétiques : entendre de l’oreille, connaître les œuvres de Dieu et « circoncire le cœur ».
« Écoute, Israël », « écoute, ciel », « écoutez la parole du Seigneur » : pour l’auteur, §3 la véritable marque de l’appartenance à Dieu est une capacité intérieure à entendre et à croire. Il parle ainsi d’oreilles elles-mêmes « circoncises ».
Il oppose ensuite cette lecture spirituelle à la circoncision corporelle. Sa formulation est polémique : il affirme que la confiance placée dans le signe charnel est devenue sans valeur et attribue l’erreur à l’influence d’un « ange mauvais ».
Les textes sur le cœur endurci et la nuque raide lui servent à soutenir que la circoncision voulue par Dieu est d’abord intérieure.
Il ajoute un argument comparatif : puisque Syriens, Arabes, Égyptiens et certains prêtres non juifs pratiquent aussi la circoncision, le rite physique ne peut à lui seul définir l’alliance.
Barnabé propose alors une lecture symbolique d’Abraham : le patriarche aurait déjà regardé « en esprit » vers Jésus au moment de circoncire sa maison.
Son argument repose sur le nombre 318 : il isole 18, écrit ΙΗ en chiffres grecs, qu’il lit comme le début du nom de Jésus ; puis 300, écrit Τ, dont la forme lui évoque la croix. Le nombre devient ainsi pour lui un cryptogramme christologique : Jésus et la croix.
L’auteur présente cette interprétation comme un enseignement particulièrement authentique qu’il confie à des lecteurs qu’il juge dignes de le recevoir.