Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 8
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé relit ici le rite de purification par la génisse comme un ensemble de figures christologiques. Il décrit des hommes porteurs de « péchés accomplis » offrant une génisse, sa mise à mort et sa combustion, puis la collecte des cendres par des jeunes. Ces cendres sont placées dans des récipients ; laine écarlate, bois et hysope sont associés à l’aspersion du peuple. L’auteur interrompt lui-même sa description pour signaler ce qu’il considère comme une nouvelle figure de la croix : le bois et la laine rouge. Cette reconstruction rituelle est apparentée à Nombres 19, mais elle comporte des éléments et une organisation propres à Barnabé ; elle ne doit donc pas être traitée comme simple citation historique du Pentateuque.
La clé interprétative est formulée sans détour : « la génisse est Jésus ». Les hommes pécheurs qui l’offrent deviennent la figure de ceux qui ont livré Jésus à la mort. La fin du verset — « ensuite, plus d’hommes ; plus de gloire des pécheurs » — est textuellement abrupte et reçoit seulement une explicitation minimale dans les niveaux lisibles.
Les jeunes qui accomplissent l’aspersion deviennent, dans la typologie de l’auteur, les annonciateurs du pardon des péchés et de la purification du cœur, investis de l’autorité de l’Évangile. Barnabé relie leur nombre douze aux douze tribus d’Israël : l’Évangile est ainsi présenté comme proclamation adressée à la totalité symbolique d’Israël.
Un autre nombre, trois, est associé à Abraham, Isaac et Jacob.
La laine écarlate placée sur le bois reçoit une interprétation royale et christologique : « le royaume de Jésus [est] sur le bois », et l’espérance placée en lui conduit à la vie éternelle.
L’hysope et la laine deviennent ensuite figures de jours mauvais et « souillés » vécus dans le royaume, au milieu desquels le salut demeure possible. La proposition finale évoque quelqu’un souffrant dans sa chair qui est guéri « par la souillure / saleté de l’hysope » ; la formulation est obscure et probablement liée à des propriétés purificatrices attribuées à l’hysope, mais Bible Savoy ne corrige pas conjecturalement le grec transmis.
L’auteur termine par une opposition polémique : les significations qu’il vient d’exposer seraient « manifestes pour nous » mais « obscures pour eux », parce qu’ils n’auraient pas écouté la voix du Seigneur. Cette phrase est traduite comme argument propre à Barnabé ; elle ne constitue pas une appréciation historique ou théologique générale de la Bible Savoy sur le judaïsme.