Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 6
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé poursuit sa lecture christologique des Écritures par une série de textes sur le serviteur contesté, §2 le vêtement qui vieillit et surtout la pierre de Sion. La « pierre précieuse, choisie, pierre d’angle » est immédiatement interprétée :
l’espérance n’est évidemment pas placée dans un matériau, mais dans le Seigneur dont la chair a été « établie dans la puissance ».
La pierre rejetée devenue tête d’angle et le « grand jour » servent ainsi de figures du Christ.
L’auteur revendique volontairement une écriture simple, orientée vers la compréhension de ses destinataires.
D’autres citations sont réunies autour de la passion : assemblée hostile, abeilles entourant un rayon, §7 partage du vêtement, puis décision de « lier le juste ». Pour Barnabé, ces images constituent une préfiguration de la souffrance du Christ manifesté dans la chair.
La démonstration change ensuite d’objet : la promesse faite à Abraham, Isaac et Jacob d’une terre où coulent lait et miel.
Barnabé introduit explicitement une lecture de « connaissance » (gnôsis) : la terre devient figure de l’être humain et de la chair, puisque l’être humain a été façonné de la terre ;
la bonne terre est alors comprise comme parabole du Christ incarné et du renouvellement des croyants. Cette exégèse est allégorique et ne remplace pas le sens géographique et narratif de la promesse dans les textes bibliques.
Le pardon des péchés produit, selon l’auteur, une nouvelle formation de l’être humain : âme enfantine, nouvelle création, refaçonnement.
Les paroles de Genèse 1 sont alors relues comme un dialogue de Dieu avec le Fils et comme annonce d’une « seconde création » dans les derniers temps.
La formule « les dernières choses comme les premières » permet à Barnabé de réappliquer la promesse de la terre à cette recréation.
Le passage du cœur de pierre au cœur de chair reçoit la même orientation : celui qui doit se manifester dans la chair veut habiter dans les croyants.
Le cœur devient donc le lieu du temple saint.
Les textes sur la louange au milieu de l’assemblée sont appliqués à la communauté chrétienne : elle est, dans cette lecture, le peuple introduit dans la bonne terre.
Barnabé propose enfin une interprétation du lait et du miel à partir de la nourriture du petit enfant. De même que l’enfant vit de ce qu’il reçoit, les croyants vivent de la foi dans la promesse et de la Parole.
Le commandement de dominer les animaux est lui aussi déplacé vers l’eschatologie : puisque la domination pleine n’existe pas aujourd’hui, elle est comprise comme promesse future, §19 liée à l’accomplissement des croyants et à leur héritage de l’alliance.