Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 6
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Le premier verset combine langage judiciaire et figure du pais kyriou, « serviteur/enfant du Seigneur ». Le verbe dikaiousthai peut signifier être déclaré juste / avoir gain de cause.
La pierre est polytelès, précieuse, eklektos, choisie, akrogôniaios, angulaire, entimos, honorée. La proposition préalable « posée comme pierre forte pour l’écrasement » prépare la lecture christologique.
Barnabé corrige lui-même une lecture matérialiste : l’espérance n’est pas « sur une pierre » matérielle ; la pierre figure la sarx, chair du Seigneur « placée dans la force ».
Kephalè gônias, « tête d’angle », reprend la tradition du Psaume 118.
Peripsèma tès agapès hymôn reprend la formule d’abaissement déjà rencontrée : littéralement quelque chose comme « rebut/offrande de votre amour ».
« Comme des abeilles [autour] d’un rayon de cire » condense une image scripturaire ; le tirage au sort du vêtement est mis en série avec elle dans une lecture passionnelle.
Dyschrèstos signifie littéralement « difficile à utiliser / gênant / inutile ». La citation « lions le juste » est appliquée par Barnabé à la passion du Christ ; cette application appartient à sa réception scripturaire.
La bonne terre « ruisselant de lait et de miel » est la formule traditionnelle de la promesse.
Barnabé introduit explicitement hè gnôsis, « la connaissance », comme voix interprétative. « L’homme est une terre souffrante » (anthrôpos gar gè estin paschousa) est une formulation frappante qui relie Adam façonné de la terre à la chair susceptible de souffrir.
Kryphia désigne les choses cachées/secrètes. La « parabole du Seigneur » devient intelligible au sophos, epistèmôn et à celui qui aime son Seigneur.
Allos typos, « autre type/formulation », et anaplassein, « refaçonner », décrivent la recréation liée au pardon ; l’âme est dite « comme celle des enfants ».
Barnabé lit Genèse 1,26 comme parole de Dieu « au Fils ». Cette attribution est une exégèse chrétienne antique du pluriel de Genèse, non une donnée grammaticale imposée au texte hébreu.
Deutera plasis, « seconde formation/création », qualifie l’œuvre des derniers temps.
La substitution des cœurs de pierre par des cœurs sarkinai, « de chair », est reliée à la manifestation en chair et à l’habitation du Christ dans les croyants.
Katoikètèrion tès kardias, « demeure du cœur », est qualifié de temple saint.
Les citations cultuelles sont appliquées à l’ekklèsia des saints.
La séquence « miel puis lait » reflète une conception ancienne de l’alimentation du nourrisson ; Barnabé en fait l’allégorie de la foi dans la promesse et du logos.
Le verbe archein est pris dans un sens fort de souveraineté effective. Constatant que cette domination des animaux n’est pas pleinement réalisée, §19 Barnabé reporte son accomplissement au moment où les croyants deviendront teleioi, accomplis, et héritiers de l’alliance.