Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 6
Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé rassemble plusieurs images bibliques autour d’un même centre :
le Christ est pour lui le serviteur contesté et la pierre que Dieu pose à Sion.
On peut rejeter cette pierre, §4 mais c’est elle qui devient la pierre d’angle.
Il insiste : il veut expliquer simplement ce qu’il croit avoir compris pour le partager avec une communauté qu’il aime.
Barnabé rassemble alors plusieurs images de l’hostilité : une assemblée de malfaisants qui entoure, des ennemis comparés à des abeilles et le partage du vêtement par le sort.
Puis il explique que, puisque le Christ devait apparaître dans la chair et souffrir, ces paroles annonçaient selon lui la passion ; il applique notamment au Christ la formule : « Attachons le juste, car il nous gêne. »
Puis il change d’image : la terre promise, où coulent lait et miel.
Barnabé ne s’arrête pas à la géographie du récit biblique. Il cherche un sens caché :
puisque l’être humain vient de la terre et que le Christ est venu dans une chair humaine, la « bonne terre » devient pour lui une parabole de l’incarnation et de la transformation intérieure.
Le pardon ne fait pas seulement disparaître une faute : il recrée l’être humain, comme si Dieu le façonnait de nouveau et lui rendait une âme d’enfant.
Barnabé relit même le récit de la création comme une parole adressée au Fils et comme la matrice d’une création renouvelée.
Il y voit l’annonce d’une « seconde création » dans les derniers temps : ce qui était au commencement doit, selon lui, être refait.
La promesse d’un cœur de chair devient alors l’image de cette recréation : Dieu retire le cœur de pierre afin d’habiter dans un être humain renouvelé, et Barnabé rattache cette transformation à la manifestation du Christ dans la chair.
Le véritable sanctuaire devient alors le cœur humain où le Seigneur habite.
La communauté qui loue Dieu devient, dans cette lecture, le peuple conduit dans la « bonne terre ».
Le lait et le miel figurent la nourriture reçue pour vivre : la foi dans la promesse et la Parole nourrissent la nouvelle création.
Enfin, l’ordre de dominer les animaux reste pour Barnabé une promesse encore inachevée. Il le projette vers l’avenir, §19 quand les croyants auront atteint leur accomplissement et reçu pleinement l’héritage de l’alliance.