Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 6
Compréhension immédiate · restitution Clarté · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Après avoir accompli le commandement, que dit-il ? « Qui veut me juger ? Qu’il se présente contre moi. Qui prétend me donner raison ? Qu’il s’approche du serviteur du Seigneur. »
« Malheur à vous : vous vieillirez tous comme un vêtement et la mite vous dévorera. » Le prophète dit encore qu’il a été posé comme une pierre solide : « Voici, je place dans les fondations de Sion une pierre précieuse, choisie, pierre d’angle honorée. »
Puis il dit : « Celui qui mettra son espérance en elle vivra pour toujours. » Notre espérance serait-elle donc dans une pierre ? Certainement pas. Il parle ainsi parce que le Seigneur a établi sa chair dans la puissance. « Il m’a placé comme un roc solide. »
Le prophète dit encore : « La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre principale de l’angle. » Et encore : « Voici le grand et merveilleux jour que le Seigneur a fait. »
Je vous écris simplement pour que vous compreniez, moi qui me considère comme entièrement donné à votre amour.
Que dit encore le prophète ? « Une assemblée de méchants m’a entouré ; ils m’ont encerclé comme des abeilles autour d’un rayon de miel. » Et : « Ils ont tiré au sort mon vêtement. »
Puisqu’il devait apparaître dans la chair et souffrir, sa passion fut annoncée d’avance. Le prophète dit au sujet d’Israël : « Malheur à leur âme : ils ont formé contre eux-mêmes un mauvais projet en disant : Attachons le juste, car il nous gêne. »
Et Moïse leur dit : « Entrez dans la bonne terre que le Seigneur a juré de donner à Abraham, Isaac et Jacob ; recevez en héritage cette terre où coulent le lait et le miel. »
Mais que dit la connaissance spirituelle ? « Mettez votre espérance en Jésus, qui doit vous apparaître dans la chair. » L’être humain est une terre qui souffre : Adam a été façonné à partir de la terre.
Que signifie donc, selon Barnabé, cette « bonne terre où coulent le lait et le miel » ? Béni soit notre Seigneur, frères : il a mis en nous sagesse et intelligence pour comprendre ses mystères. Le prophète annonce une parabole du Seigneur ; seul le sage, l’homme de connaissance et celui qui aime son Seigneur peut la comprendre.
Par le pardon des péchés, Dieu nous a renouvelés et a fait de nous une création d’un autre type : notre âme devient comme celle de petits enfants, comme s’il nous façonnait à nouveau.
L’Écriture parle ainsi de nous, selon l’auteur, quand Dieu dit au Fils : « Faisons l’être humain à notre image et à notre ressemblance ; qu’ils dominent sur les animaux, les oiseaux et les poissons. » Puis le Seigneur dit devant sa belle créature : « Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre. » Barnabé lit ces paroles comme adressées au Fils.
Il veut encore montrer que Dieu parle de nous : il aurait accompli dans les derniers temps une seconde création. « Voici, je fais les dernières choses comme les premières. » C’est pourquoi le prophète annonce : « Entrez dans une terre où coulent le lait et le miel, et prenez-en possession. »
Voyez donc : nous avons été refaçonnés. Un autre prophète dit : « J’enlèverai de ceux-ci leurs cœurs de pierre et je mettrai des cœurs de chair. » Car celui qui devait se manifester dans la chair voulait aussi habiter en nous.
Notre cœur devient ainsi, frères, une demeure sainte, un temple pour le Seigneur.
Le Seigneur dit encore : « Où me montrerai-je devant mon Dieu et serai-je glorifié ? » Puis : « Je te louerai dans l’assemblée de mes frères et je te chanterai au milieu de l’assemblée des saints. » Nous sommes donc, selon cette lecture, ceux qu’il a introduits dans la bonne terre.
Que sont alors le lait et le miel ? Le petit enfant reçoit d’abord le miel, puis le lait, et c’est ainsi qu’il vit. De même, nous vivrons par la foi dans la promesse et par la Parole, en prenant possession de la terre.
Plus haut il a été dit : « Qu’ils croissent, se multiplient et dominent sur les poissons. » Qui aujourd’hui peut réellement commander aux animaux, aux poissons ou aux oiseaux ? Nous devons comprendre que « dominer » suppose une autorité effective, le pouvoir d’ordonner et d’être obéi.
Puisque cela n’est pas pleinement réalisé maintenant, la parole nous indique, selon Barnabé, quand cela le sera : lorsque nous-mêmes serons parvenus à l’accomplissement et deviendrons héritiers de l’alliance du Seigneur.