Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 7
Compréhension immédiate · restitution Clarté · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Comprenez donc, enfants de la joie : le Seigneur bon nous a tout annoncé d’avance afin que nous sachions qui nous devons louer en lui rendant grâce en toutes choses.
Si le Fils de Dieu, Seigneur et futur juge des vivants et des morts, a souffert afin que sa blessure nous donne la vie, croyons qu’il n’a pu souffrir que pour nous.
Même crucifié, il reçut à boire du vinaigre et du fiel. Écoutez comment, selon Barnabé, les prêtres du Temple avaient déjà donné une figure de cela. Une prescription disait que celui qui ne jeûnerait pas lors du jeûne serait retranché ; le Seigneur l’aurait ordonnée parce qu’il devait lui-même offrir en sacrifice pour nos péchés le corps qui portait l’Esprit, accomplissant ainsi la figure d’Isaac offert sur l’autel.
Le texte rituel cité dit encore : « Qu’ils mangent du bouc offert pendant le jeûne pour tous les péchés. Que les prêtres seuls mangent les entrailles non lavées, avec du vinaigre. »
Pourquoi ? Barnabé fait parler le Christ : « Puisque vous allez me donner du fiel avec du vinaigre lorsque j’offrirai ma chair pour les péchés de mon peuple nouveau, mangez cela vous seuls tandis que le peuple jeûne et se frappe, vêtu de sac et de cendre. » L’auteur veut ainsi montrer que le Christ devait souffrir de leur part.
Puis vient le commandement des deux boucs, beaux et semblables : l’un doit être offert en holocauste pour les péchés.
Que faire de l’autre ? Il est déclaré maudit. Barnabé demande de regarder comment apparaît ici, selon lui, la figure de Jésus.
Le bouc reçoit crachats et coups ; on place autour de sa tête de la laine rouge, puis on l’envoie au désert. Celui qui le conduit retire la laine et la place sur un arbuste appelé « rachel », dont on mange les jeunes pousses ; les fruits de cet arbuste sont décrits comme particulièrement doux.
Que signifie cela ? L’un des boucs va à l’autel, l’autre est maudit et pourtant couronné. Barnabé voit dans cette couronne rouge une figure de la reconnaissance future de Jésus : ceux qui l’ont autrefois humilié le verront alors revêtu et diront qu’il est bien celui qu’ils avaient crucifié, méprisé, transpercé et couvert de crachats, celui qui disait être Fils de Dieu.
Pourquoi les deux boucs sont-ils semblables ? Afin que, lorsqu’ils le verront revenir, ils soient frappés par la ressemblance et comprennent le signe. Voilà, dit Barnabé, la figure de Jésus destiné à souffrir.
Et pourquoi la laine rouge est-elle placée parmi les épines ? Barnabé y voit une figure donnée à l’Église : celui qui veut prendre la laine doit affronter les épines et les maîtriser au prix de la souffrance. De même, dit-il, ceux qui veulent me voir et atteindre mon royaume doivent me recevoir à travers l’épreuve et la souffrance.