Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 7
Structure du texte source · restitution Littérale · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Comprenez donc, enfants de joie, que le bon Seigneur a tout manifesté d’avance pour nous, afin que nous sachions à qui, rendant grâce en toutes choses, nous devons adresser la louange.
Si donc le Fils de Dieu, étant Seigneur et devant juger vivants et morts, a souffert afin que sa plaie nous vivifie, croyons que le Fils de Dieu ne pouvait souffrir sinon à cause de nous.
Mais, crucifié aussi, il était abreuvé de vinaigre et de fiel. Écoutez comment les prêtres du Temple ont manifesté cela. Une ordonnance étant écrite : « Celui qui ne jeûnera pas le jeûne sera entièrement détruit par la mort », le Seigneur l’ordonna, puisque lui aussi devait offrir en sacrifice pour nos péchés le vase de l’Esprit, afin que soit aussi accomplie la figure arrivée à Isaac offert sur l’autel.
Que dit-il donc dans le prophète ? « Qu’ils mangent du bouc offert au jeûne pour tous les péchés. » Prêtez soigneusement attention : « Que tous les prêtres seuls mangent l’intérieur non lavé avec du vinaigre. »
Pourquoi ? « Puisque vous allez me donner à boire du fiel avec du vinaigre, moi qui dois offrir ma chair pour les péchés de mon peuple nouveau, mangez, vous seuls, le peuple jeûnant et se frappant sur sac et cendre. » Afin de montrer qu’il fallait qu’il souffrît de leur part.
Ce qu’il ordonna, prêtez attention : « Prenez deux boucs beaux et semblables et offrez-les, et que le prêtre prenne l’un pour holocauste au sujet des péchés. »
Mais l’un, qu’en feront-ils ? « Maudit, dit-il, l’un. » Prêtez attention à la manière dont la figure de Jésus est manifestée.
« Et crachez tous dessus, transpercez-le, placez la laine écarlate autour de sa tête, et qu’ainsi il soit jeté au désert. » Et quand cela est ainsi, celui qui porte le bouc le conduit au désert, retire la laine et la pose sur un arbrisseau appelé rachel, dont nous avons coutume de manger les pousses quand nous en trouvons dans la campagne ; ainsi les fruits de la rachel seule sont doux.
Qu’est donc ceci ? Prêtez attention : l’un sur l’autel, l’autre maudit ; et pourquoi le maudit est-il couronné ? Parce qu’ils le verront alors, en ce jour-là, ayant le vêtement long, l’écarlate autour de la chair, et ils diront : « N’est-ce pas celui-ci que nous avons autrefois crucifié, méprisé, transpercé et couvert de crachats ? En vérité c’était celui qui disait alors qu’il était Fils de Dieu. »
Car comment est-il semblable à celui-là ? Pour cela les boucs sont semblables, beaux, égaux, afin que lorsqu’ils le verront venir alors, ils soient frappés d’étonnement devant la ressemblance du bouc. Vois donc la figure de Jésus qui devait souffrir.
Et quoi encore, qu’ils placent la laine au milieu des épines ? C’est une figure de Jésus placée pour l’Église, parce que celui qui veut enlever la laine écarlate doit beaucoup souffrir, à cause de l’épine redoutable, et, pressé, s’en rendre maître. Ainsi, dit-il, ceux qui veulent me voir et toucher mon royaume doivent, pressés et ayant souffert, me recevoir.