Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 3
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Il dit donc encore à leur sujet : « Pourquoi jeûnez-vous pour moi, dit le Seigneur, comme aujourd’hui, afin que votre voix soit entendue dans un cri ? Ce n’est pas ce jeûne que j’ai choisi, dit le Seigneur, ni un homme qui “humilie son âme” (tapeinoûn tèn psychèn).
Même si vous courbez le cou comme un anneau, revêtez le sac et étendez la cendre sous vous, vous n’appellerez pas pour autant cela un jeûne “acceptable” (dektos).
Mais à nous il dit : Voici le jeûne que j’ai choisi : délier tout “lien d’injustice” (syndesmos adikias), défaire les “étranglements” de rapports/transactions violents (strangalíai biaiôn synallagmatôn), laisser aller en libération ceux qui ont été brisés et déchirer tout écrit contractuel injuste (syngraphè). Puis viennent les gestes positifs : rompre le pain pour l’affamé, vêtir le nu, introduire le sans-abri dans la maison, ne pas mépriser l’humilié ni “ceux de ta propre semence”, c’est-à-dire les tiens.
Alors ta lumière “se déchirera” dès le matin (ragèsetai prôimon). Le texte grec de contrôle de Barnabé lit ici ta himatia, « tes vêtements », qui “se lèveront rapidement”; la formulation diffère de la leçon bien connue d’Isaïe 58,8. La justice précède le fidèle et la gloire de Dieu le couvre/l’entoure (peristelei).
Alors tu crieras et Dieu t’écoutera ; tandis que tu parleras encore, il dira : « Me voici / je suis présent » (idou pareimi). La suite demande d’ôter le lien, la “désignation de la main” (cheirotonia : geste de la main, ici probablement geste accusateur ou oppressif) et la parole de murmure, puis de donner “depuis son âme” à l’affamé et de faire miséricorde à l’âme humiliée.
Le Longanime (ho makrothymos), ayant prévu que le peuple préparé “dans son Bien-Aimé” croirait “dans l’intégrité” (en akeraiosynè), nous a tout révélé d’avance, afin que nous ne “nous heurtions / nous jetions” (prosressômetha) pas comme des epèlytai — nouveaux venus, étrangers ou prosélytes — contre/dans leur Loi. L’image finale reste syntaxiquement abrupte et ne doit pas être lissée en une théorie complète de la Loi.