Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 2
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Puisque les jours sont mauvais et que « celui qui agit » (ho energôn) possède l’autorité (exousia), nous devons, attentifs à nous-mêmes, rechercher les justes prescriptions (dikaiômata) du Seigneur. L’identité grammaticale de « celui qui agit » n’est pas explicitée ici ; le contexte l’oriente vers la puissance mauvaise.
Les auxiliaires (boèthoi) de notre foi sont crainte et persévérance (hypomonè) ; nos alliées (symmachounta) sont patience/longanimité (makrothymia) et maîtrise de soi (enkrateia).
Si ces dispositions demeurent purement dans ce qui concerne le Seigneur, sagesse (sophia), intelligence (synesis), science (epistèmè) et connaissance (gnôsis) se réjouissent avec elles.
Par l’ensemble des prophètes, il nous a manifesté qu’il n’a besoin (chrèzein) ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes.
Suit une composition prophétique très proche d’Isaïe 1,11–14 dans sa forme grecque : rejet de la multitude des sacrifices, des graisses et des sangs, du piétinement du parvis, de la farine, de l’encens, des nouvelles lunes et sabbats. Le texte de Barnabé ne doit pas être traité comme une citation moderne uniformisée sur une édition biblique.
L’auteur conclut : « il a aboli (katèrgesen) ces choses », afin que la « Loi nouvelle » (kainos nomos) de Jésus Christ, sans « joug de nécessité » (zygos anankès), ne possède pas une offrande « faite par l’homme » (anthrôpopoiètos). Cette formulation appartient à la théologie argumentative de Barnabé et non à une description neutre de l’histoire du judaïsme.
Une seconde parole, rapprochant des motifs de Jérémie/Zacharie, §8 oppose aux sacrifices le refus de la rancune intérieure et du faux serment.
Il faut percevoir la pensée/intention (gnômè) de la bonté du Père : il ne veut pas que nous cherchions, dans un égarement semblable, comment lui « apporter » (prosagein) une offrande.
« Sacrifice pour le Seigneur : un cœur brisé » ; « odeur de bonne odeur : un cœur glorifiant celui qui l’a façonné ». L’auteur exhorte à l’exactitude/vigilance (akribesthai) au sujet du salut, de peur que le Mauvais ne crée une « entrée » (pareisdysis) de l’égarement et ne nous « catapulte » (eksphendonizein) loin de notre vie.