Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 3
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Le Seigneur reprend encore la question du jeûne : « Pourquoi jeûnez-vous pour moi tout en cherchant aujourd’hui à faire entendre votre voix dans le tumulte ? Ce n’est pas ce jeûne que j’ai choisi, dit le Seigneur : le simple fait de mortifier ou d’humilier sa propre vie n’en constitue pas l’essence.
Même des signes ascétiques visibles — courber le cou, porter le sac, s’étendre sur la cendre — ne suffisent pas à rendre le jeûne acceptable devant Dieu.
Le jeûne choisi par Dieu est défini par des actes de justice : délier ce que l’injustice a noué, faire cesser les contraintes produites par des rapports violents, rendre la liberté à ceux qui ont été brisés et annuler les engagements iniques. Il prend aussi la forme d’une hospitalité concrète : partager le pain avec l’affamé, vêtir le nu, accueillir le sans-abri, ne pas détourner son regard de l’humilié ni de ceux de sa propre parenté.
Alors seulement la lumière peut éclater comme l’aurore. Le texte transmis ici parle aussi de « vêtements » qui surgissent rapidement — formulation remarquable au regard de la tradition d’Isaïe. La justice précède alors le fidèle et la gloire de Dieu l’enveloppe.
La relation à Dieu devient réponse : celui qui appelle est entendu, et Dieu peut dire « Me voici » avant même que la parole soit achevée. Mais cette promesse est liée au retrait du joug, du geste accusateur et de la parole de murmure, ainsi qu’au partage sincère avec l’affamé et à la compassion envers l’être abaissé.
L’auteur conclut en appliquant cette prophétie à ses destinataires : le Dieu patient aurait annoncé d’avance ce mode de vie parce qu’il savait qu’un peuple préparé « dans son Bien-Aimé » croirait avec intégrité. Cette révélation doit empêcher les croyants de se jeter sans discernement, comme des convertis de fraîche date, dans une compréhension étrangère de la Loi.