Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 4
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé demande d’« examiner/rechercher en profondeur » (epipoly eraunôntas) les réalités présentes et de chercher ce qui peut sauver. Anomia désigne ici l’illégalité / impiété ; le temps présent est qualifié de planè, « égarement ».
L’âme ne doit pas recevoir anesis, relâche ou licence, qui lui donnerait exousia de « courir avec » (syntrechein) pécheurs et mauvais.
« Le scandale accompli/final » (to teleion skandalon) est proche ; l’auteur attribue une parole à Hénoch puis interprète l’abrègement des temps comme préparation de la venue du Bien-Aimé vers l’héritage. L’identification précise de la citation d’Hénoch reste problématique et appartient à la réception apocalyptique de Barnabé.
Les dix royaumes, le petit roi et les trois rois abaissés sont ensuite rapprochés de Daniel 7 :
quatrième bête, dix cornes, petite corne « latérale » (paraphyadion) et trois grandes cornes humiliées.
Le point d’application est l’Alliance (diathèkè). Barnabé polémique contre ceux qui disent « leur alliance est aussi la nôtre ».
Il répond elliptiquement : « la nôtre certes » (hèmôn men), puis affirme qu’« eux » l’ont perdue au moment même où Moïse l’avait reçue. Il s’agit d’une thèse propre à l’auteur, non d’un constat historique neutre.
La rupture des tables est alors relue typologiquement : l’alliance « du Bien-Aimé Jésus » doit être « scellée intérieurement » (egkatasphragisthè) dans le cœur, « dans l’espérance de sa pistis » ; pistis peut ici porter les nuances de foi, fidélité ou confiance.
L’auteur se qualifie de peripsèma hymôn, expression d’abaissement difficile : littéralement « votre rebut / ce qu’on essuie autour », devenue formule de dévouement extrême. Le « Noir » (ho melas) désigne l’adversaire.
Monazein signifie ici vivre seul/se retirer isolément ; le contraire proposé est le rassemblement et la recherche commune de to koinè sympheron, « ce qui profite en commun ».
Le devenir spirituel et le motif du « temple parfait » sont associés à la crainte de Dieu et à la garde des commandements.
Le jugement est aprosôpolèmptôs, sans acceptation des personnes / sans favoritisme, et chacun reçoit selon ses actes.
Le statut de klètoi, « appelés », ne permet pas l’assoupissement dans le péché ; le « chef mauvais » peut recevoir exousia contre les croyants.
La dernière phrase applique à la communauté chrétienne l’avertissement tiré de la lecture polémique d’Israël : mèpote… polloi klètoi, oligoi de eklektoi, « de peur que nous ne soyons trouvés : beaucoup appelés, peu élus ».