Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 12
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé poursuit sa démonstration typologique de la croix en citant une parole dont la provenance exacte est discutée : le bois incliné puis relevé et le sang qui en coule sont interprétés comme annonce directe de la crucifixion. L’édition restitue cette lecture sans présenter comme évident le sens premier du texte cité.
L’épisode du combat contre Amalec est ensuite transformé en type : les bras étendus de Moïse dessinent, pour Barnabé, la croix. La victoire d’Israël lorsque Moïse maintient cette posture devient le signe de la nécessité d’espérer en celui qui devait souffrir.
L’auteur donne lui-même la clé : sans cette espérance, affirme-t-il, il n’y a pas de salut.
Isaïe 65, avec l’image de Dieu étendant les mains vers un peuple désobéissant, est intégré à la même constellation gestuelle.
Le serpent de bronze constitue un autre paradoxe scripturaire exploité par Barnabé. Les morsures et la mort sont reliées à la transgression, elle-même rapprochée du serpent d’Ève ; le signe destiné à guérir devient alors une figure de Jésus qui doit souffrir et donner la vie.
Barnabé insiste sur la tension entre l’interdiction des images et l’ordre de fabriquer le serpent de bronze : selon lui, cette exception n’a de sens que comme type du Christ.
L’acte de regarder le serpent dressé, en croyant qu’un objet sans vie peut être instrument de vie, est interprété comme pédagogie de l’espérance. L’auteur conclut de manière christocentrique : « tout est en lui et pour lui ».
La typologie se déplace ensuite vers le nom lui-même. Josué, Ièsous en grec, devient pour Barnabé une figure onomastique de Jésus ; il attribue à Moïse l’intention de faire entendre ce nom au peuple comme révélation concernant le Fils.
Une parole sur Amalec, adressée à Josué, est reformulée dans le texte comme annonce que « le Fils de Dieu » retranchera Amalec dans les derniers jours. Cette formulation appartient à la citation telle qu’elle est transmise dans Barnabé et doit être distinguée des formes canoniques de l’Exode.
Le Psaume 110 sert ensuite à défendre la seigneurie transcendante du Christ contre une compréhension que Barnabé juge insuffisante de l’expression « fils de David ». Le raisonnement de l’auteur est christologique et polémique ; il ne doit pas être confondu avec une négation historique de l’ascendance davidique dans d’autres traditions chrétiennes.
Isaïe est enfin convoqué pour présenter le Christ comme « mon Seigneur » et comme celui devant qui les nations et les rois sont soumis. Barnabé clôt ainsi le chapitre par une lecture convergente de Moïse, des Psaumes et des prophètes centrée sur Jésus.