Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 12
Compréhension immédiate · restitution Clarté · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
De même, au sujet de la croix, Barnabé cite un autre prophète : « Quand cela s’accomplira-t-il ? dit le Seigneur. Quand un bois sera incliné puis relevé, et quand du sang coulera du bois. » Pour lui, voilà encore une annonce de la croix et de celui qui devait être crucifié.
Il revient ensuite à Moïse, au moment où Israël combattait les étrangers. Afin de rappeler au peuple que ses péchés l’avaient livré à la mort, l’Esprit, dit Barnabé, mit au cœur de Moïse de former une figure de la croix et de celui qui devait souffrir. Moïse plaça une arme sur une autre au milieu du combat, se tint plus haut que tous et étendit les mains ; alors Israël l’emportait, mais lorsqu’il les abaissait, les Israélites étaient tués.
Pourquoi ? Afin qu’ils comprennent, dit-il, qu’ils ne peuvent être sauvés s’ils ne placent pas leur espérance en lui.
Il cite encore un prophète : « Tout le jour j’ai étendu mes mains vers un peuple désobéissant et contredisant ma voie juste. »
Moïse, poursuit-il, donne encore une figure de Jésus : il fallait qu’il souffre et qu’il donne la vie, lui qu’on penserait avoir perdu. Barnabé relie cela au signe du serpent lors de la chute d’Israël : le Seigneur permit que des serpents les mordent et qu’ils meurent, parce que, dit-il, la transgression était entrée par le serpent avec Ève, afin de les convaincre que leur propre transgression les livrait à la détresse de la mort.
Moïse avait pourtant commandé : « Vous n’aurez ni objet fondu ni image sculptée pour dieu. » Mais lui-même fabriqua un serpent de bronze, explique Barnabé, afin de montrer une figure de Jésus ; il le dressa avec solennité et convoqua le peuple.
Les Israélites demandèrent alors à Moïse d’intercéder pour leur guérison. Il leur dit : « Lorsque l’un de vous sera mordu, qu’il vienne vers le serpent placé sur le bois et qu’il espère, en croyant que, bien qu’il soit mort, il peut donner la vie ; aussitôt il sera sauvé. » Ils firent ainsi. Barnabé conclut : voyez encore ici la gloire de Jésus, car tout est en lui et pour lui.
Il demande ensuite ce que Moïse dit à Jésus fils de Navé, en lui donnant ce nom alors qu’il était prophète, afin que tout le peuple l’entende : pour Barnabé, le Père manifeste ainsi toutes choses au sujet de son Fils Jésus.
Lorsque Moïse envoya Jésus fils de Navé explorer le pays, il lui dit selon Barnabé : « Prends un livre dans tes mains et écris ce que dit le Seigneur : le Fils de Dieu retranchera depuis les racines toute la maison d’Amalec dans les derniers jours. »
Barnabé demande donc de voir en Jésus non simplement un fils d’homme, mais le Fils de Dieu, manifesté dans la chair sous forme de figure. Puisque certains diraient que le Christ est fils de David, il cite David : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. »
Il ajoute Isaïe : « Le Seigneur a dit à mon Christ, mon Seigneur, dont j’ai saisi la main droite, afin que les nations obéissent devant lui, et je briserai la force des rois. » Voyez, conclut-il, comment David l’appelle Seigneur et non fils.