Jubilés
IntroductionJubilés 30
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
La première année de la sixième semaine, Jacob arriva en paix à Salem, à l’est de Sichem, pendant le quatrième mois.
Dina, sa fille âgée de douze ans, fut alors enlevée par Sichem, fils de Hamor le Hivvite, qui la viola.
Sichem demanda ensuite Dina pour femme. Jacob et ses fils, profondément indignés, répondirent aux habitants de la ville avec ruse.
Siméon et Lévi entrèrent ensuite dans Sichem par surprise et tuèrent les hommes de la ville en représailles du crime commis contre leur sœur.
Le livre interprète ce massacre comme un jugement contre Sichem et comme un avertissement destiné à empêcher qu’une fille d’Israël soit de nouveau ainsi profanée.
Dans la théologie du récit, le Seigneur aurait livré les habitants de Sichem entre les mains des fils de Jacob afin qu’ils soient frappés.
Le texte formule alors une législation ancienne extrêmement sévère contre les unions entre une femme d’Israël et un homme des nations, prescrivant la mort aux personnes concernées.
Il ajoute une peine de lapidation contre celui ou celle que cette législation considère comme ayant rendu Israël impur par une telle union.
Cette prescription est présentée comme inscrite sur les tables célestes pour toute la descendance d’Israël.
Le livre affirme qu’elle est permanente et rapproche, dans sa rhétorique polémique, cette transgression d’une offrande à Molek.
Moïse reçoit donc l’ordre d’interdire aux fils d’Israël de donner leurs filles aux nations ou de prendre leurs filles comme épouses.
L’affaire de Sichem et Dina est ainsi intégrée au discours juridique du livre, qui souligne que les fils de Jacob refusaient de donner leur sœur à un homme incirconcis.
Le narrateur présente les mariages avec les nations comme une honte et une profanation de la descendance d’Israël.
Il affirme qu’Israël ne pourra être considéré comme pur tant que de telles unions subsisteront en son sein.
Le discours poursuit en annonçant malédictions et châtiments contre ceux qui commettraient ou toléreraient ces actes, ainsi que contre ceux qui profaneraient le sanctuaire ou le nom saint.
Il insiste sur l’absence de favoritisme : selon cette législation, aucune offrande de la personne considérée comme profanatrice ne sera reçue.
Sichem devient ainsi l’exemple fondateur : ses habitants furent livrés aux deux fils de Jacob, et leur mise à mort est comptée par le récit comme un acte de jugement.
La lignée de Lévi est ensuite choisie pour le sacerdoce. Son zèle est compté comme justice et jugement, et lui-même ainsi que ses descendants reçoivent une bénédiction particulière.
Cette bénédiction et cette déclaration de justice sont présentées comme inscrites sur les tables célestes en faveur de Lévi.
Le texte affirme que les œuvres justes d’un homme sont gardées en mémoire jusqu’à mille générations et qu’il peut être inscrit comme ami et juste.
L’ange dit à Moïse : « J’ai mis par écrit tout ce récit afin que tu ordonnes aux fils d’Israël de ne pas pécher, de ne pas transgresser les prescriptions et de ne pas violer l’alliance. »
À l’inverse, ceux qui transgressent et se rendent impurs sont inscrits, dans le langage du livre, comme adversaires promis au retranchement.
Le jour où les fils de Jacob tuèrent les habitants de Sichem est présenté comme ayant été consigné dans le ciel en leur faveur comme acte de justice et de vengeance.
Après le massacre, ils firent sortir Dina de la maison de Sichem et emportèrent comme butin les troupeaux, les bovins, les ânes et les autres biens de la ville.
Jacob leur reprocha pourtant d’avoir détruit la ville, car il craignait une réaction des Cananéens et des Perizzites établis dans le pays.
Mais, selon le récit, une terreur envoyée par le Seigneur saisit les villes environnantes et aucune ne poursuivit les fils de Jacob.