Jubilés
IntroductionJubilés 12
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation
Abram dit à son père Térah : « Mon père ! » Et Térah répondit : « Me voici, mon fils. »
« Quel secours ? Quel avantage ? Que nous donnent ces idoles devant lesquelles tu te prosternes ? »
« Aucun esprit n’est en elles. Elles sont muettes. Elles ne sont qu’égarement du cœur. Ne les adore pas ! »
« Adore le Dieu du ciel ! Il fait tomber la pluie et la rosée. Il fait vivre tout ce qui est sur la terre. Par sa parole il a tout créé, et de sa présence vient toute vie. »
« Pourquoi adorez-vous ce qui n’a pas d’esprit ? Vos mains les ont faits. Vous les portez sur vos épaules. Ils ne vous aident pas. Ils sont honte pour ceux qui les fabriquent, égarement pour ceux qui les adorent. Ne les adore pas ! »
Térah lui dit : « Moi aussi je le sais, mon fils. Mais que ferai-je avec ce peuple qui m’ordonne de servir devant ces dieux ? »
« Si je leur dis ce qui est droit, ils me tueront. Ils sont attachés à leurs dieux, ils les adorent et les louent. Tais-toi, mon fils, de peur qu’ils ne te tuent. »
Abram parla aussi à ses deux frères. Ils se mirent en colère contre lui. Alors Abram se tut.
Au quarantième jubilé, Abram prit pour femme Saraï — fille de son père, selon le récit — et elle devint son épouse.
Haran, son frère, prit femme. Elle lui donna un fils, et il l’appela Lot.
Nahor, son frère, prit lui aussi une femme.
Dans la nuit, Abram se leva. Il avait soixante ans. Il mit le feu au temple des idoles. Tout brûla — et personne ne sut qui l’avait fait.
Ils se levèrent pendant la nuit : ils voulaient sauver leurs dieux du feu.
Haran se précipita pour les sauver. Mais le feu se dressa sur lui. Il fut brûlé et mourut à Ur des Chaldéens, avant Térah son père. Là, on l’ensevelit.
Alors Térah sortit d’Ur des Chaldéens, lui et ses fils. Ils partirent vers le Liban et la terre de Canaan. Il demeura à Harrân, et Abram resta avec son père pendant deux semaines d’années.
Une nuit, au début du septième mois, Abram s’assit et observa les étoiles, du soir jusqu’à l’aube : il voulait savoir ce que serait l’année, ce que seraient les pluies.
Une parole monta dans son cœur : « Tous les signes des étoiles, de la lune et du soleil sont sous la main du Seigneur. Pourquoi donc les examinerais-je ? »
« S’il le veut, il fera tomber la pluie, matin et soir. S’il le veut, il ne la fera pas tomber. Tout est dans sa main. »
Cette nuit-là, il pria : « Mon Dieu, mon Dieu, Dieu Très-Haut ! Toi seul es mon Dieu. Tu as tout créé. Tout ce qui fut et tout ce qui est vient de tes mains. Toi et ta souveraineté, je vous ai choisis. »
« Sauve-moi du pouvoir des esprits mauvais qui règnent sur les pensées des hommes. Qu’ils ne m’égarent pas loin de toi, mon Dieu. Affermis-moi, moi et ma descendance, pour toujours. »
« Retournerai-je à Ur des Chaldéens, où ils veulent que je revienne ? Ou resterai-je ici ? Fais réussir devant moi le chemin qui est droit devant toi. Que je ne marche pas selon l’égarement de mon propre cœur, mon Dieu. »
Quand il eut fini de parler et de prier, la parole du Seigneur lui fut envoyée par moi : « Va-t’en de ton pays, de ta parenté, de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai. Je ferai de toi un peuple grand et nombreux. »
« Je te bénirai. Je rendrai ton nom grand. Tu deviendras bénédiction sur la terre. En toi seront bénies toutes les nations. Je bénirai ceux qui te bénissent ; je maudirai ceux qui te maudissent. »
« Je serai Dieu pour toi, pour ton fils, pour ton petit-fils et pour toute ta descendance. Ne crains pas ! Dès maintenant, et pour toutes les générations de la terre, je suis ton Dieu. »
Alors le Seigneur Dieu me dit : « Ouvre sa bouche et ses oreilles. Qu’il entende et qu’il parle avec sa langue dans la langue révélée. » Car depuis l’effondrement, cette langue avait disparu de la bouche de tous les hommes.
J’ouvris sa bouche, ses oreilles et ses lèvres, et je commençai à parler avec lui en hébreu — dans la langue de la création.
Abram prit les livres de ses pères — ils étaient écrits en hébreu — et il les copia. Il commença à les étudier. Et moi, je lui expliquais tout ce qu’il ne pouvait comprendre. Pendant six mois de pluie, il les étudia.
La septième année, Abram parla à son père : « Je quitte Harrân. Je vais vers la terre de Canaan pour la voir, puis je reviendrai vers toi. »
Térah lui dit : « Va en paix. Que le Dieu éternel rende droit ton chemin. Que le Seigneur soit avec toi, qu’il te garde de tout mal, qu’il te donne faveur, miséricorde et grâce devant tous ceux qui te verront. Que personne n’ait pouvoir sur toi pour te nuire. Va en paix ! »
« Si tu vois une terre qui te paraît bonne pour y vivre, reviens et emmène-moi vers toi. Prends avec toi Lot, fils de Haran ton frère, comme ton fils. Que le Seigneur soit avec toi. »
« Laisse ton frère Nahor avec moi jusqu’à ce que tu reviennes en paix. Alors nous partirons tous ensemble avec toi. »