Jubilés
IntroductionJubilés 12
Compréhension immédiate · restitution Clarté
La septième année de la sixième semaine, Abram dit à son père Térah : « Mon père. » Celui-ci répondit : « Me voici, mon fils. »
Abram lui demanda : « Quel secours et quel avantage recevons-nous de ces idoles devant lesquelles tu te prosternes ? »
« Il n’y a en elles aucun esprit : elles sont muettes. Elles sont un égarement de l’intelligence. Ne les adore pas. »
« Adore le Dieu du ciel : il fait tomber pluie et rosée, fait vivre tout ce qui est sur la terre, a créé toute chose par sa parole et toute vie vient de sa présence. »
« Pourquoi adorer ce qui n’a aucun esprit ? Ce sont des objets faits de main d’homme que vous portez sur vos épaules. Ils ne vous secourent pas ; ils couvrent de honte ceux qui les fabriquent et égarent ceux qui les adorent. »
Térah répondit : « Moi aussi je le sais, mon fils. Mais que puis-je faire face au peuple qui m’ordonne de les servir ? »
« Si je leur dis ce qui est juste, ils me tueront, car ils sont attachés à ces dieux et les adorent. Garde le silence, mon fils, afin qu’ils ne te tuent pas. »
Abram parla aussi à ses deux frères. Ils se mirent en colère contre lui, et il garda désormais le silence.
Au quarantième jubilé, Abram épousa Saraï, que le texte appelle « fille de son père », et elle devint sa femme.
Haran, frère d’Abram, se maria à son tour et eut un fils qu’il appela Lot.
Nahor, l’autre frère d’Abram, se maria lui aussi.
À soixante ans, Abram se leva de nuit et incendia le temple des idoles. Tout brûla sans que personne sache qui avait allumé le feu.
Les habitants se levèrent dans la nuit et voulurent sauver leurs dieux du feu.
Haran se précipita pour sauver les idoles ; le feu le saisit et il mourut brûlé à Ur des Chaldéens, avant Térah son père. On l’enterra à Ur.
Térah quitta alors Ur des Chaldéens avec ses fils pour aller vers le Liban et Canaan. Il s’établit à Harrân, où Abram demeura avec lui pendant quatorze ans.
La cinquième année de la sixième semaine, Abram passa une nuit à observer les étoiles, du soir au matin, pour discerner ce que serait l’année quant aux pluies.
Une pensée lui vint : « Tous les signes des étoiles, de la lune et du soleil sont sous l’autorité du Seigneur. Pourquoi chercherais-je à les interroger ? »
« S’il le veut, il fera pleuvoir matin et soir ; s’il le veut, il retiendra la pluie. Tout est sous son autorité. »
Cette nuit-là, Abram pria : « Mon Dieu, Dieu Très-Haut, toi seul es mon Dieu. Tu as tout créé ; tout ce qui est vient de tes mains. C’est toi et ta souveraineté que j’ai choisis. »
« Sauve-moi du pouvoir des esprits mauvais qui dominent les pensées humaines. Qu’ils ne m’égarent pas loin de toi. Affermis-moi ainsi que ma descendance pour toujours. »
Abram demanda encore : « Dois-je retourner à Ur des Chaldéens, où l’on veut me voir revenir, ou rester ici ? Fais réussir devant moi le chemin qui est droit à tes yeux, afin que je ne suive pas l’égarement de mon propre esprit. »
Quand Abram eut fini de prier, la parole du Seigneur lui fut transmise par l’ange : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père pour le pays que je te montrerai. Je ferai de toi un peuple grand et nombreux. »
« Je te bénirai, je rendrai ton nom grand et tu deviendras bénédiction sur la terre. Toutes les nations seront bénies en toi. Je bénirai ceux qui te bénissent et je maudirai ceux qui te maudissent. »
« Je serai Dieu pour toi, pour ton fils, pour ton petit-fils et pour toute ta descendance. Ne crains pas : je suis ton Dieu depuis maintenant et pour toutes les générations de la terre. »
Le Seigneur dit alors à l’ange : « Ouvre sa bouche et ses oreilles afin qu’il entende et parle dans la langue révélée », car cette langue avait disparu de la bouche des hommes depuis l’effondrement de Babel.
L’ange ouvrit la bouche, les oreilles et les lèvres d’Abram et commença à parler avec lui en hébreu, que le livre appelle « langue de la création ».
Abram prit alors les livres de ses pères, écrits en hébreu, et les copia. Il se mit à les étudier ; l’ange lui expliquait ce qu’il ne comprenait pas. Il les étudia pendant les six mois de pluie.
La septième année, Abram dit à Térah qu’il allait quitter Harrân pour aller voir le pays de Canaan, puis revenir vers lui.
Térah lui répondit : « Va en paix. Que le Dieu éternel rende ton chemin droit, te protège de tout mal et t’accorde faveur, miséricorde et grâce devant ceux qui te verront. Que personne n’ait pouvoir de te faire du mal. »
« Si tu trouves un pays agréable où habiter, reviens me chercher. Emmène avec toi Lot, fils de ton frère Haran, comme ton propre fils. Que le Seigneur soit avec toi. »
« Laisse ici ton frère Nahor avec moi jusqu’à ton retour en paix ; alors nous partirons tous ensemble avec toi. »