Jubilés
IntroductionJubilés 10
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation
Dans la troisième semaine de ce jubilé, les démons impurs commencèrent leur œuvre : ils égaraient les petits-enfants de Noé, les rendaient insensés et les détruisaient.
Les fils de Noé vinrent à leur père : « Les démons égarent nos enfants, ils les aveuglent, ils les font mourir. »
Alors Noé pria devant le Seigneur son Dieu : « Dieu des esprits de tout vivant, toi qui m’as sauvé du déluge avec mes fils, toi dont la miséricorde a été grande envers moi, étends encore ta compassion sur nos descendants. Que les esprits mauvais ne dominent pas sur eux pour les détruire de la terre. »
« Bénis-moi, bénis mes enfants : que nous croissions, que nous devenions nombreux, que nous remplissions la terre. »
« Tu connais les œuvres de tes Veilleurs, les pères de ces esprits. Ceux qui subsistent : lie-les ! Enferme-les au lieu du jugement ! Qu’ils ne détruisent plus les fils de ton serviteur. »
« Qu’ils ne règnent pas sur les vivants ! Toi seul connais leur jugement. Qu’ils n’aient plus de pouvoir sur les fils des justes, dès maintenant et à jamais. »
Alors notre Dieu donna l’ordre : « Liez-les tous ! »
Mastéma, le chef des esprits, s’avança : « Seigneur Créateur, laisse-en quelques-uns devant moi. Qu’ils m’écoutent, qu’ils fassent ce que je leur commanderai. Si aucun ne me reste, comment exercerai-je mon autorité parmi les hommes ? Leur mal est grand, et ces esprits servent à détruire et à égarer jusqu’à mon jugement. »
Alors il fut dit : « Qu’un dixième reste devant lui. Que les neuf autres parts descendent au lieu du jugement. »
Puis il ordonna à l’un de nous : « Enseignez à Noé tous leurs remèdes. Car les hommes ne marcheront pas droit et ne combattront pas avec justice. »
Nous exécutâmes tout son commandement. Les mauvais, les violents : nous les liâmes au lieu du jugement. Un dixième seulement fut laissé sur la terre devant le satan.
Nous apprîmes à Noé tous les remèdes contre leurs maladies, contre leurs tromperies, afin qu’il puisse guérir par les plantes de la terre.
Noé écrivit tout dans un livre : tout ce que nous lui avions appris sur les remèdes. Et les esprits mauvais furent empêchés de poursuivre les fils de Noé.
Tous les livres qu’il avait écrits, Noé les donna à Sem, son fils aîné, car il l’aimait plus que tous ses fils.
Noé s’endormit avec ses pères. On l’ensevelit sur le mont Lubar, dans la terre d’Ararat.
Noé acheva neuf cent cinquante années de vie : dix-neuf jubilés, deux semaines et cinq ans.
Il vécut plus longtemps sur la terre que tous les hommes — sauf Hénoch — à cause de sa justice. Car l’œuvre d’Hénoch fut établie comme témoignage pour les générations, afin qu’il rapporte les œuvres de génération en génération au jour du jugement.
Au trente-troisième jubilé, Péleg prit pour femme Lomna, fille de Sinaor. Elle lui donna un fils : Reou. Car les hommes étaient devenus mauvais, avec leur projet de bâtir une ville et une tour en Shinéar.
Ils quittèrent Ararat et partirent vers l’est, vers Shinéar. Là, ils bâtirent la ville et la tour. Ils disaient : « Par elle, montons jusqu’au ciel ! »
Ils commencèrent à bâtir. Ils cuisirent les briques au feu ; la brique leur servit de pierre, et le bitume de Shinéar leur servit de mortier.
Ils bâtirent pendant quarante-trois ans. Brique après brique. Et la tour s’éleva : cinq mille quatre cent trente-trois coudées, deux palmes et treize stades, selon le récit.
Le Seigneur dit : « Le peuple est un, et ils ont commencé. Rien ne leur échappera. Venez ! Descendons. Confondons leurs langues ! Qu’ils ne se comprennent plus. Qu’ils soient dispersés en villes et en nations. »
Le Seigneur descendit. Et nous descendîmes avec lui, pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties.
Il confondit tous les sons de leurs langues. L’un ne comprenait plus ce que disait l’autre. Alors ils cessèrent de bâtir la ville et la tour.
Voilà pourquoi la terre de Shinéar fut appelée Babel : là, Dieu confondit toutes les langues des hommes ; de là, ils furent dispersés, chacun selon sa langue et sa nation.
Le Seigneur envoya un vent sur la tour. Elle bascula jusqu’à terre. Là, entre Assur et Babylone, dans la terre de Shinéar, on l’appela : « l’Écroulement ».
Au trente-quatrième jubilé, dès la première année, ils furent dispersés hors de la terre de Shinéar.
Cham et ses fils partirent vers la terre de leur héritage, la part qu’ils avaient reçue dans le pays du sud.
Canaan regarda : la terre du Liban jusqu’au torrent d’Égypte était très belle. Il n’alla pas vers sa propre part, à l’ouest de la mer. Il s’installa là, du Liban jusqu’au rivage.
Cham et ses frères lui dirent : « Tu habites une terre qui n’est pas à toi, une terre qui ne nous est pas échue par le sort. Ne fais pas cela ! Si tu persistes, toi et tes fils tomberez dans cette terre et serez maudits pour votre rébellion. »
« N’habite pas dans la demeure de Sem : elle est sortie par le lot pour Sem et pour ses fils. »
« Tu es maudit ! Tu le seras plus que tous les fils de Noé, selon le serment de malédiction que nous avons juré devant le Juge saint et devant Noé notre père. »
Mais Canaan ne les écouta pas. Il demeura dans la terre du Liban, depuis Hamath jusqu’à l’entrée de l’Égypte, lui et ses fils.
Voilà pourquoi cette terre fut appelée : « terre de Canaan ».
Japhet et ses fils partirent vers la mer, dans leur part. Mais Madai regarda sa terre : elle ne lui plut pas. Il demanda donc une terre à Élam, Assur et Arpakshad, parents de sa femme, et il demeura dans la terre de Medeqin.
Et il appela Medeqin le lieu où il demeurait, lui et ses fils, d’après Madai leur père.