Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 6
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Quand Aséneth vit Joseph, elle fut profondément bouleversée. Son cœur se brisa, ses genoux se dérobèrent, tout son corps se mit à trembler et une grande crainte la saisit. Elle poussa un soupir et dit :
« Où pourrai-je aller ? Où me cacher loin de son regard ? Comment Joseph, le fils de Dieu, me regardera-t-il, moi qui ai dit tant de mal de lui ? — « fils de Dieu » est ici le titre que le récit applique à Joseph, sans imposer le sens christologique technique d’écrits ultérieurs.
Où fuirai-je ? Où me cacherai-je, puisque lui voit tout ce qui est caché et que rien de secret ne lui échappe, à cause de la grande lumière qui est en lui ? — l’adjectif qualifiant la lumière est textuellement signalé dans le témoin critique.
Maintenant, que le Dieu de Joseph me soit favorable, car j’ai prononcé par ignorance des paroles mauvaises.
Que vais-je devenir, malheureuse que je suis ? N’ai-je pas dit : “Joseph arrive, le fils du berger venu de Canaan” ? Et maintenant voici que le soleil du ciel vient jusqu’à nous sur son char et qu’il entre aujourd’hui dans notre maison ! — l’image du « soleil venu du ciel » relève de l’hyperbole poétique du monologue d’Aséneth.
Moi, insensée et arrogante, je l’ai méprisé et j’ai parlé contre lui, sans savoir que Joseph est fils de Dieu.
Quel homme pourrait jamais engendrer une telle beauté ? Quel ventre pourrait mettre au monde une telle lumière ? Malheureuse et insensée que je suis : j’ai dit à mon père des paroles mauvaises.
Que mon père me donne maintenant à Joseph comme servante et esclave ; je le servirai pour toujours. » — le récit emploie deux termes distincts du vocabulaire de servitude, que les restitutions proches de la source conservent.