Épître de Barnabé

Dossier

Épître de Barnabé 5

Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct

Le Seigneur a consenti à livrer sa chair à la destruction afin que le pardon des péchés nous purifie par le sang de son aspersion.

L’Écriture parle de lui : « Il a été blessé pour nos fautes, brisé pour nos péchés ; ses blessures nous ont guéris. Il a été mené comme une brebis à l’abattoir, comme un agneau silencieux devant celui qui le tond. »

Nous avons donc toutes les raisons de remercier le Seigneur : il nous éclaire sur le passé, il nous rend sages dans le présent et il ne nous laisse pas démunis devant l’avenir.

Une autre parole dit qu’on ne tend pas un filet sans raison devant les oiseaux. De même, celui qui connaît le chemin de la justice mais choisit lui-même celui des ténèbres se conduit vers sa propre perte.

Frères, réfléchissez encore : le Seigneur de tout le monde, celui à qui Dieu disait dès l’origine : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance », a pourtant accepté de souffrir par des mains humaines. Comment cela est-il possible ?

Les prophètes avaient reçu de lui la grâce et avaient annoncé sa venue. Pour détruire la mort et rendre visible la résurrection, il devait se manifester dans la chair ; c’est pourquoi il a accepté la souffrance.

Il accomplissait ainsi la promesse faite aux pères et se préparait un peuple nouveau. En vivant sur la terre, il montrait que celui qui donne la résurrection est aussi celui qui jugera.

Il enseigna Israël, accomplit de grands signes et proclama son message, avec un amour extrême pour ce peuple.

Puis il choisit des apôtres destinés à annoncer l’Évangile. Barnabé souligne leur indignité avec une hyperbole très forte : cela lui permet de rappeler que Jésus n’est pas venu appeler les justes mais les pécheurs. C’est ainsi qu’il révéla qu’il est le Fils de Dieu.

S’il n’était pas venu comme homme de chair, personne n’aurait pu soutenir sa manifestation : nous sommes déjà incapables de fixer le soleil, simple œuvre de ses mains et pourtant destiné à disparaître.

Le Fils de Dieu est donc venu dans la chair pour amener à leur terme les conséquences des péchés de ceux qui avaient persécuté ses prophètes jusqu’à la mort.

Voilà pourquoi il a supporté la souffrance : l’Écriture met la blessure de sa chair sur le compte de ceux qui frappent le berger et dispersent le troupeau.

Il a librement accepté de souffrir ainsi, jusque sur le bois, conformément aux paroles prophétiques invoquées par Barnabé.

Le dernier témoignage évoque son dos livré aux fouets, ses joues aux coups et son visage rendu ferme comme la pierre.

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