Judith
IntroductionJudith 6
Analyse du texte source · restitution Philologique
La scène est celle d’une assemblée militaire multinationale ; Holopherne parle ici à la fois comme stratège suprême et comme juge d’Achior.
La question blasphématoire « qui est dieu sinon Nabuchodonosor ? » radicalise le thème de l’hybris impériale. « Prophétiser » est employé ici de façon sarcastique contre Achior.
La comparaison « comme un seul homme » réduit tout Israël à une cible unique et vulnérable ; la cavalerie symbolise la supériorité impériale.
L’image des montagnes « ivres de sang » est hyperbolique. Le motif de la parole qui « ne sera pas vaine » imite le langage de l’accomplissement prophétique et l’applique au roi.
« Jour de ton injustice » caractérise la parole d’Achior comme faute politique. L’appellation « race sortie d’Égypte » renvoie au récit d’Exode qu’Achior venait d’évoquer.
Le vocabulaire corporel rend la menace très concrète. Achior est juridiquement assimilé aux ennemis qu’il a défendus.
Les « villes des montées » sont les localités contrôlant les accès vers la montagne judéenne.
La répétition des verbes de destruction accentue le caractère de sentence.
Le motif de la parole royale infaillible revient pour la seconde fois, ce qui prépare son démenti narratif.
La remise « aux mains » d’Israël est ironique : Holopherne croit l’envoyer vers une mort certaine, mais Achior y trouvera refuge.
La topographie prépare le chapitre 7 : les mêmes sources deviendront l’objectif de la stratégie de siège.
Et lorsque les hommes de la ville les virent depuis le sommet de la montagne, ils prirent leurs armes, sortirent hors de la ville sur le sommet de la montagne, et tous les frondeurs leur barrèrent le passage de la montée et leur lançaient des pierres.
Et, s’étant glissés sous la montagne, ils lièrent Achior, le laissèrent jeté au pied de la montagne, puis repartirent vers leur maître.
La séquence « délier-conduire-présenter » inverse symboliquement l’arrestation ordonnée par Holopherne.
La mention de la tribu de Siméon pour Ozias prépare indirectement le rôle symbolique de Siméon dans la prière de Judith au chapitre 9.
Et ils convoquèrent tous les anciens de la ville ; tous leurs jeunes gens et leurs femmes accoururent vers l’assemblée. Ils placèrent Achior au milieu de tout leur peuple, et Ozias l’interrogea sur ce qui était arrivé.
« Paroles de grandeur » désigne ici l’arrogance et la vantardise d’Holopherne ; le récit les oppose à la dépendance d’Israël envers Dieu.
La prosternation corporelle introduit une prière communautaire de supplication.
Le contraste hybris/tapeinōsis, « orgueil/abaissement », constitue un axe théologique majeur du livre.
La réception positive d’Achior prépare son intégration progressive au peuple d’Israël.
Le banquet d’accueil contraste avec la violence du camp assyrien ; la nuit entière est consacrée à l’invocation du secours divin.