4 Maccabées
Introduction4 Maccabées 7
Compréhension immédiate · restitution Clarté
Le raisonnement d’Éléazar dirigeait sa piété comme un pilote tient son navire au milieu d’une mer agitée de passions.
Malgré les menaces du tyran et les vagues de tortures qui s’abattaient sur lui,
il ne dévia jamais de la voie de la piété et parvint finalement au port d’une victoire qui ne meurt pas.
Aucune ville assiégée n’a mieux résisté : malgré les instruments de torture, Éléazar tint bon parce que son raisonnement protégeait sa fidélité à Dieu.
Éléazar opposa aux passions une pensée ferme, comme un promontoire qui brise les vagues.
Ô prêtre digne de ta charge ! Tu as refusé de souiller ta bouche et ton corps avec une nourriture que ta Loi déclarait impure.
Tu vivais en accord avec la Loi et tu avais fait de la vie selon Dieu ta véritable sagesse.
Voilà comment doivent agir ceux qui servent la Loi : la défendre même lorsque cette fidélité exige leur sang et leur vie.
Par ton endurance, tu as donné du poids à notre fidélité à la Loi et prouvé par tes actes que ta sagesse religieuse n’était pas seulement faite de paroles.
Éléazar : plus fort que les tortures, plus résistant que le feu, véritable maître de ses passions !
Comme Aaron, armé de son encensoir, s’était avancé au milieu du peuple et avait arrêté l’ange destructeur,
de même Éléazar, fils de la lignée d’Aaron, resta ferme dans sa pensée alors même que le feu consumait son corps.
Le plus étonnant est qu’un homme âgé, au corps déjà affaibli par les années, retrouva comme une jeunesse nouvelle
intérieurement, grâce à son raisonnement ; avec une foi comparable à celle d’Isaac, il triompha même de l’instrument de torture.
Heureuse vieillesse, digne chevelure blanche et vie fidèle à la Loi, que la mort a finalement scellée.
Puisqu’un vieillard a pu mépriser même des tortures mortelles par fidélité à Dieu, l’auteur en conclut que la raison pieuse peut dominer les passions.
On pourrait objecter que tout le monde ne maîtrise pas ses passions, puisque tout le monde ne raisonne pas avec sagesse.
Ceux qui s’attachent de tout leur cœur à la piété peuvent, eux, gouverner les passions du corps,
car ils croient que la mort ne les sépare pas de Dieu : comme Abraham, Isaac et Jacob, ils vivent pour lui.
Que certaines personnes soient dominées par leurs passions parce que leur jugement est faible ne réfute donc pas la thèse.
Car celui qui règle toute sa vie sur cette sagesse et met sa confiance en Dieu,
et qui sait qu’endurer la souffrance pour la vertu est une chose heureuse, ne pourra-t-il pas maîtriser ses passions par piété ?
Seul celui qui unit sagesse et courage devient véritablement maître de ses passions.