4 Maccabées
Introduction4 Maccabées 6
Compréhension immédiate · restitution Clarté
Après sa réponse à Antiochos, les gardes saisirent Éléazar et le traînèrent durement vers les appareils de torture.
Ils dépouillèrent d’abord le vieillard de ses vêtements ; le récit souligne pourtant que sa vraie dignité venait de sa piété.
Ensuite ils lui immobilisèrent les bras derrière lui et le frappèrent violemment avec des fouets.
Pendant ce temps, un héraut criait devant lui : « Obéis aux ordres du roi ! »
Éléazar, pourtant, resta d’une remarquable fermeté : comme si la torture lui paraissait lointaine, il ne modifia pas sa décision.
Éléazar leva les yeux vers le ciel tandis que les coups déchiraient sa chair, faisaient couler son sang et blessaient profondément ses côtés.
Même lorsque son corps tomba sous la douleur, sa décision intérieure resta ferme.
Un des gardes le frappait à coups de pied dans les flancs pour le contraindre à se relever chaque fois qu’il s’effondrait.
Il endurait pourtant la souffrance, refusait de se laisser dominer par la contrainte et tenait bon sous les sévices.
L’auteur le compare à un athlète : bien qu’il soit frappé, c’est lui qui est présenté comme vainqueur de ses bourreaux.
Il transpirait, haletait fortement, mais sa force morale étonnait jusqu’aux hommes qui le torturaient.
Alors certains, par pitié pour son grand âge,
d’autres parce qu’ils le connaissaient depuis longtemps, d’autres enfin parce qu’ils admiraient sa résistance. Quelques hommes de la cour vinrent donc lui parler :
« Éléazar, pourquoi continuer jusqu’à te faire mourir dans de telles douleurs ?
« Nous apporterons une nourriture permise ; mange-la, mais laisse croire que c’est du porc. Tu sauveras ainsi ta vie. »
Cette proposition lui parut pire encore que les coups, et il s’écria :
« Que jamais nous, descendants d’Abraham, ne tombions dans une telle erreur : céder intérieurement, puis jouer devant les autres une scène honteuse !
Après avoir vécu fidèlement jusqu’à un âge avancé et conservé une réputation conforme à la Loi, il serait absurde de tout renverser maintenant.
Nous deviendrions alors pour les jeunes un exemple d’infidélité et leur apprendrions, par notre conduite, à accepter la souillure.
Quel déshonneur de gagner seulement quelques jours de vie pour être ensuite regardés par tous comme des lâches !
Le tyran lui-même nous mépriserait, et nous aurions refusé de défendre jusqu’à la mort la Loi que nous confessons divine.
Vous, descendants d’Abraham, soyez donc prêts à mourir avec noblesse pour rester fidèles à Dieu.
Et vous, gardes du tyran, qu’attendez-vous ? »
Comme il restait inflexible malgré les tortures et même devant leurs marques de pitié, ils l’emmenèrent vers le feu.
Ils le brûlèrent avec des instruments de torture et lui versèrent dans les narines des liquides infects.
Brûlé jusqu’aux os et presque évanoui, il leva les yeux vers Dieu et pria :
« Dieu, tu sais que je pouvais choisir de vivre. Si je meurs maintenant sous le feu, c’est parce que j’ai choisi de rester fidèle à la Loi.
Aie pitié de ton peuple ; que la souffrance que nous endurons pour lui te suffise.
Que mon sang serve à leur purification, et reçois ma vie afin que la leur soit épargnée.
Ayant ainsi prié, Éléazar mourut sous la torture. Jusqu’à la mort, sa raison était restée ferme dans son choix de fidélité à la Loi.
Pour l’auteur, l’exemple d’Éléazar démontre ainsi que la raison guidée par la piété peut gouverner les passions.
Si la douleur, la peur et les autres passions avaient fait céder sa raison, il aurait fallu reconnaître leur supériorité.
Puisque c’est au contraire la raison qui a tenu les passions en échec, l’auteur lui reconnaît la première place.
Il faut donc reconnaître à la raison cette puissance puisqu’elle peut même résister aux souffrances infligées de l’extérieur.
L’auteur ajoute que cette maîtrise ne concerne pas seulement la souffrance : le raisonnement peut également gouverner le plaisir sans lui céder.