Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 10
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Pentéphrès et les siens repartirent au domaine.
Aséneth resta seule. Elle pleura jusqu’au soleil couché. Ni pain. Ni eau. Tous dormirent ; elle veilla.
Elle descendit au portail. La gardienne dormait avec ses enfants.
Aséneth décrocha le rideau de peau, le remplit de cendres, remonta et posa les cendres sur le sol.
Elle ferma la porte. Barre de fer. Grand soupir. Pleurs.
Sa servante préférée entendit les gémissements [et réveilla les autres]. Elle trouva la porte close.
« Maîtresse ! Pourquoi cette tristesse ? Qu’est-ce qui te tourmente ? Ouvre-nous ! »
« Ma tête me fait souffrir. Mon corps est sans force. Retournez chacune dans votre chambre. »
Alors Aséneth se lève. Elle ouvre doucement. Elle va vers ses coffres. Elle tire une tunique noire [et sombre].
Le vêtement de deuil de son frère mort.
Elle retire la robe royale. La ceinture d’or. La tiare. Le diadème. Les bracelets. Elle met le noir. Elle se ceint d’une corde.
Les vêtements précieux : aux pauvres.
Les dieux d’or et d’argent : brisés, puis donnés aux pauvres et aux nécessiteux.
Le banquet royal, les viandes, les offrandes, le vin des libations : aux chiens.
Les cendres sur le sol.
Le sac autour des reins. Les cheveux défaits. Les cendres sur la tête. Elle tombe sur la cendre.
Ses deux mains frappent sa poitrine. Toute la nuit : larmes et gémissements.
Au matin, les cendres sont devenues boue sous ses larmes.
Elle retombe face contre terre jusqu’au soir.
Sept jours ainsi. Sans rien goûter.