Aristobule
DossierAristobule 4
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Aristobule interprète la « voix » divine en termes d’efficacité : elle n’est pas une émission sonore corporelle, mais le passage de la volonté divine à l’œuvre. La formule cosmogonique « Dieu dit, et cela fut » devient le modèle de cette parole-acte.
Il rapproche de cette conception les philosophes grecs qui disent entendre une voix divine en contemplant la structure du monde. L’argument s’élargit ensuite à des citations poétiques attribuées à Orphée et à Aratos, utilisées comme témoignages de l’unité et de l’omniprésence de la puissance divine.
Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »
Après ces testimonia, Aristobule explicite sa méthode : il retire aux noms de Zeus leur portée mythologique et rapporte à Dieu ce qu’il juge être le contenu véritable de ces textes. Il fait converger ainsi philosophie grecque et Loi vers une conception sainte de Dieu et vers une éthique de piété, justice, maîtrise de soi et vérité.