Aristobule

Dossier

Aristobule 4

Compréhension immédiate · restitution Clarté · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct

La voix de Dieu ne doit pas être comprise comme un son comparable à une voix humaine, mais comme l’accomplissement d’actes. Moïse le montre dans le récit de la création : « Dieu dit, et cela fut. »

Aristobule pense que Pythagore, Socrate et Platon ont compris cette idée lorsqu’ils parlent d’entendre la voix de Dieu en contemplant l’univers créé et maintenu par lui. Il invoque aussi des poèmes attribués à Orphée et des vers d’Aratos comme témoins d’une puissance divine qui soutient toutes choses.

Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

Aristobule conclut que la puissance de Dieu traverse toutes choses. Il réinterprète les noms divins des poètes grecs en les rapportant au Dieu unique et affirme que la vraie philosophie doit avoir de Dieu des conceptions saintes ; la Loi, elle aussi, ordonne la vie à la piété, à la justice, à la maîtrise de soi et aux autres biens véritables.

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