1 Clément
Dossier1 Clément 39
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Les aphrones, asynetoi, môroi et apaideutoi — insensés, sans intelligence, fous et sans formation — nous chleuazousin et myktèrizousin, raillent et tournent en dérision, parce qu’ils veulent s’élever eux-mêmes dans leurs dianoiai, pensées.
Que peut en effet un thnètos, mortel, et quelle ischys, force, possède un gègenès, né de la terre ?
L’Écriture dit : aucune morphè, forme, n’était devant mes yeux ; seulement une aura, souffle, et une phônè, voix, étaient perçues.
Le passage demande si un brotos, mortel, peut être katharos, pur, devant le Seigneur, ou un homme amemptos, irréprochable, à partir de ses propres œuvres ; le raisonnement étend la dépendance créaturelle jusqu’aux serviteurs et aux anges.
Même l’ouranos, ciel, n’est pas dit pur devant Dieu ; combien moins ceux qui habitent des oikiai pèlinai, maisons d’argile, eux-mêmes issus de la même argile. Leur fragilité est exprimée par l’image du sès, la mite : entre le matin et le soir ils cessent d’être, incapables de se secourir eux-mêmes.
Un souffle les atteint et ils meurent, la formule liant leur perte à l’absence de sophia, sagesse.
L’appel à un éventuel répondant ou à l’un des hagioi angeloi souligne l’absence de recours autonome ; orgè, colère, et zèlos, jalousie, conduisent l’insensé et l’égaré à la mort.
L’insensé peut sembler rhizas ballein, jeter des racines, mais sa diaita, demeure ou établissement, est aussitôt consumée.
Sa descendance demeure loin de la sôtèria, salut ; aucune délivrance ne vient, tandis que ce qui avait été préparé est mangé par les justes et que les auteurs du mal ne trouvent pas d’exemption à ses conséquences.