Tobie
IntroductionTobie 3
Analyse du texte source · restitution Philologique
GII associe lypē, la « tristesse/douleur », aux stenagmoi, « gémissements/soupirs ». La prière naît explicitement de cette détresse.
dikaios et dikaiosynē structurent l’ouverture. eleēmosynē kai alētheia, « miséricorde et vérité », forme un couple théologique qui empêche de réduire le jugement divin à la seule rétribution.
agnoēmata désigne des fautes commises par ignorance ou inadvertance. La prière articule responsabilité personnelle et solidarité avec les fautes ancestrales.
parabolē, gelōs et oneidismos forment une accumulation : « exemple/proverbe », « risée », « reproche ». La dispersion est interprétée comme conséquence de la rupture de l’alliance.
krimata alēthina, « jugements vrais », reprend la confession du v. 2. Le pluriel « nous » maintient l’horizon collectif de la faute.
apolyō, « délier/libérer », revient plusieurs fois et exprime ici la mort comme délivrance. genōmai gē, « que je devienne terre », reprend l’anthropologie de la poussière. Le texte ne présente pas un acte suicidaire, mais une requête adressée à Dieu.
en tē hēmera tautē, « ce même jour », prépare le parallélisme temporel entre les deux détresses. oneidismoi, « reproches », reprend le vocabulaire de la prière de Tobit.
Asmodaios est qualifié to daimonion to ponēron, « le démon mauvais ». kathaper apodedeigmenon estin tais gynaixin renvoie à l’union conjugale attendue. « être nommée » d’un mari évoque la reconnaissance effective de l’union.
mastigois, « tu frappes/fustiges », peut être concret ou verbal. La formule « va avec eux » est une invitation brutale à mourir, renforcée par le souhait d’absence de descendance.
GII emploie explicitement apagxasthai, « se pendre ». La narration décrit l’intention puis son abandon. Hades désigne le séjour des morts. Le parallélisme avec Tobit est délibéré : chacun préfère mourir, mais remet la décision à Dieu.
diapetasasa tas cheiras, « ayant étendu les mains », décrit une posture liturgique. theos eleēmōn, « Dieu miséricordieux », place la demande sous le signe de la compassion divine.
aneblepsa peut signifier « lever les yeux » ou « regarder en haut ». La formulation de GII est plus dynamique que celle de la recension courte.
apolythēnai reprend la racine apolyō déjà employée dans la prière de Tobit : les deux prières sont lexicalement mises en parallèle.
kathara eimi apo pasēs akatharsias andros oppose katharos, « pur », à akatharsia, « impureté ». La formulation est une déclaration d’innocence devant Dieu.
monogenēs signifie « unique enfant ». syntērēsō emautēn autō gynaika, litt. « me conserver pour lui comme femme », renvoie aux obligations de parenté matrimoniale. La fin de GII est plus brève que GI : « écoute maintenant mon reproche ».
hē proseuchē amphoterōn, « la prière des deux », scelle le parallélisme commencé au v. 7. en autō tō kairō insiste sur la simultanéité.
Raphaēl est envoyé iasasthai tous dyo, « guérir les deux ». apolysai ta leukōmata, « enlever/libérer les blancheurs », répond à la cécité. epiballei klēronomēsai autēn exprime le droit prioritaire de parenté de Tobie. GII lit lysai Asmodaion apo autēs, « délivrer Asmodée d’elle / la libérer d’Asmodée », alors que GI parle de le « lier ».