Tobie
IntroductionTobie 2
Nuances du texte source · restitution Déployée
Sous Assarhaddon, je pus rentrer chez moi et retrouver Anna, mon épouse, et Tobie, mon fils. Lors de la Pentecôte — la fête juive des Semaines —, un repas de fête fut préparé pour moi et je pris place à table.
Devant l’abondance du repas de fête, Tobit refuse de manger seul. Il envoie son fils chercher, parmi les Israélites pauvres déportés à Ninive, quelqu’un qui demeure fidèle à Dieu, afin de partager avec lui la table familiale.
La recherche d’un pauvre conduit Tobie à découvrir non un convive, mais le cadavre abandonné d’un Israélite assassiné sur la place publique. La fête bascule aussitôt vers le devoir funéraire.
Sans prendre une bouchée du repas de fête, Tobit se lève immédiatement. Comme l’ensevelissement doit attendre le soir, il met provisoirement le corps à l’abri dans une pièce.
De retour chez lui, Tobit se lave après le contact avec le mort, mais le repas de fête est désormais pris dans le deuil.
Tobit interprète la transformation brutale de son repas de Pentecôte à la lumière d’Amos : la fête devenue deuil réalise, dans sa propre existence, la parole prophétique contre Béthel.
À la tombée de la nuit, Tobit accomplit ce qu’il avait décidé : il creuse lui-même la tombe et donne au mort une sépulture.
Les voisins soulignent l’apparente folie de Tobit : il a déjà dû fuir pour avoir enseveli des Israélites exécutés, mais il reprend exactement l’acte qui l’avait mis en danger.
Après s’être lavé, Tobit dort à l’extérieur, dans sa cour, près d’un mur. La chaleur le conduit à laisser son visage découvert, détail qui prépare l’accident du verset suivant.
Des oiseaux nichent au-dessus de Tobit. Leurs déjections chaudes atteignent ses yeux et provoquent ce que le grec appelle leukōmata, des opacités ou taches blanchâtres. Les traitements médicaux aggravent son état jusqu’à une cécité totale qui dure quatre ans. Achikar l’entretient durant deux de ces années.
La cécité de Tobit oblige Anna à assurer les ressources du foyer par les travaux textiles traditionnellement confiés aux femmes.
Elle envoyait ses ouvrages à leurs maîtres, qui lui rendaient son salaire. Le sept de Dystros, elle coupa la toile, achevant ainsi le tissage, et la remit à ses maîtres ; ils lui versèrent tout son salaire et lui donnèrent encore, pour le foyer, un chevreau pris du troupeau.
Aveugle, Tobit entend le chevreau bêler et soupçonne aussitôt un vol. Son souci scrupuleux de justice le conduit à exiger qu’Anna le rende, avant même de vérifier son origine.
Anna explique que le chevreau est une gratification. Tobit refuse de la croire et s’emporte. Sa femme retourne alors contre lui sa réputation de juste : sa souffrance et sa suspicion semblent contredire l’efficacité de toutes ses œuvres de miséricorde.