Ruth 2

Analyse du texte source · restitution Philologique

אִישׁ גִּבּוֹר חַיִל, ʾîš gibbôr ḥayil, est une expression large : homme puissant, notable, de ressources, de valeur ou de capacité. Le contexte de Booz combine statut social et aisance ; « homme de grande valeur » évite de réduire חַיִל à la seule richesse.

חֵן, ḥēn, signifie faveur ou grâce accordée dans une relation. « Trouver grâce aux yeux de » est un idiome hébraïque de faveur reconnue. נָא adoucit la demande : « s’il te plaît / permets-moi ».

וַיִּקֶר מִקְרֶהָ, wayyiqer miqrehā, signifie littéralement quelque chose comme « son hasard arriva ». Le narrateur emploie donc explicitement le vocabulaire de l’événement fortuit ; la traduction ne doit pas ajouter une explication providentialiste absente de la phrase.

וְהִנֵּה, « et voici », marque l’entrée de Booz dans la scène. Les deux formules avec YHWH sont des salutations/bénédictions directes échangées entre Booz et les moissonneurs.

לְמִי הַנַּעֲרָה הַזֹּאת signifie littéralement « à qui est cette jeune femme ? ». Dans ce contexte, la question porte sur son appartenance domestique ou sociale, d’où « à qui / de quelle maison est-elle ? » plutôt que sur une possession au sens strict.

הַשָּׁבָה est un participe féminin de שׁוב, « revenir ». Ruth est identifiée comme « la Moabite qui est revenue avec Noémi », ce qui prolonge le motif lexical du retour du chapitre 1.

La fin du verset, זֶה שִׁבְתָּהּ הַבַּיִת מְעָט, est syntaxiquement difficile. Elle est généralement comprise comme indiquant un repos très bref dans l’abri/maison. Philologique conserve cette incertitude au lieu de prétendre à une reconstruction certaine.

תִדְבָּקִין vient de דבק, « s’attacher, rester étroitement liée », même racine qu’en 1,14 pour Ruth attachée à Noémi. Ici Booz lui demande de rester auprès de ses jeunes femmes.

נגע peut signifier toucher, atteindre, frapper ou importuner. L’ordre adressé aux jeunes hommes vise à protéger Ruth ; « ne pas te toucher / importuner » garde le champ sémantique sans préciser au-delà du contexte.

חֵן reprend le vocabulaire de la faveur du v.2. נָכְרִיָּה désigne une étrangère, ici explicitement une femme non israélite. לְהַכִּירֵנִי signifie « me reconnaître / me remarquer / m’accorder considération ».

הֻגֵּד הֻגַּד est une construction emphatique associant infinitif absolu et forme passive : « raconter, on m’a raconté », d’où « on m’a raconté en détail ». תְּמוֹל שִׁלְשׁוֹם, litt. « hier et avant-hier », est un idiome pour « auparavant ».

כָּנָף, kānāf, signifie aile mais aussi pan/extrémité d’un vêtement. Ici le pluriel « ses ailes » exprime le refuge auprès de YHWH ; le même lexème réapparaît en 3,9 lorsque Ruth demande à Booz d’étendre son kānāf sur elle. חָסָה signifie chercher refuge.

נחם signifie consoler/réconforter. « Parler sur/au cœur » est un idiome de parole rassurante. שִׁפְחָה désigne une servante, avec une nuance sociale plus forte que le simple terme générique « femme employée ».

חֹמֶץ désigne un liquide aigre, souvent rendu « vinaigre ». קָלִי est du grain rôti. La succession « elle mangea, fut rassasiée et eut du reste » est conservée comme progression narrative.

תַכְלִימוּהָ, hiphil de כלם, signifie lui faire honte, l’humilier ou la confondre. L’interdiction protège Ruth socialement autant que matériellement.

שֹׁל־תָּשֹׁלּוּ associe infinitif absolu et verbe conjugué de la même racine pour intensifier l’action : les moissonneurs doivent tirer volontairement des épis des javelles. גער signifie réprimander ou rabrouer.

אֵיפָה, épha, est une mesure ancienne de capacité. Le texte ne fournit pas de conversion moderne ; la traduction conserve donc l’unité au lieu de donner un volume faussement précis.

La chaîne de wayyiqtol donne une progression rapide : elle porte, entre dans la ville, montre le glanage, puis sort le reste du repas. הוֹתִרָה signifie « elle avait laissé/retenu en surplus ».

מַכִּירֵךְ est le participe de נכר au hiphil : celui qui t’a reconnue, remarquée ou accordé considération. La répétition de עשה avec la préposition עם décrit le fait d’avoir travaillé ou eu affaire avec Booz.

חַסְדּוֹ, « sa ḥesed », a un antécédent grammatical discuté : il peut renvoyer à Booz, immédiatement béni, ou à YHWH, source de la bénédiction. Déployée conserve cette ambiguïté. גֹּאֵל, goʾel, désigne un proche parent investi d’un droit/devoir de rachat ; il ne faut pas l’identifier simplement au lévir classique.

Le texte emploie ici הַנְּעָרִים, masculin pluriel, « les jeunes gens/serviteurs », alors que Booz avait parlé au v.8 de נַעֲרֹתַי, « mes jeunes femmes ». La traduction « les gens qui sont à moi » évite d’harmoniser silencieusement les deux formes.

נַעֲרוֹתָיו est féminin pluriel : les jeunes femmes/servantes de Booz. פגע peut signifier rencontrer, atteindre ou frapper ; dans ce contexte de protection, « maltraiter / importuner » rend l’effet redouté.

וַתִּדְבַּק reprend encore דבק, « s’attacher / rester près ». Le verset étend la période du glanage de la moisson de l’orge à celle du blé et maintient en parallèle la demeure de Ruth auprès de Noémi.

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