Isaïe 3

Analyse du texte source · restitution Philologique

Mash‘en u-mash‘enah forme une paire sonore masculine/féminine : « soutien et appui ». Le mot est ensuite répété avec pain et eau, créant une image de suppression des appuis vitaux.

Qosem est le « devin », pratique condamnée ailleurs, mais ici comptée parmi les figures dont dépend effectivement la société. Zaqen, « ancien », renvoie aussi à une fonction d’autorité.

Nesu’ fanim est litt. « élevé de visage », donc notable/homme considéré. Ḥakham ḥarashim peut être « habile en artisanats » ; nevon laḥash, « expert du murmure/incantation ». Les deux derniers syntagmes sont difficiles.

Ta‘alulim est rare : « puérilités, caprices, comportements immatures », voire « enfants ». Le terme décrit surtout l’instabilité d’un pouvoir devenu infantile.

Niggas est un passif de n-g-s, « être pressé/opprimé ». Yirhevu exprime une conduite arrogante ou agressive envers quelqu’un.

Simlah désigne un vêtement/manteau. Makhshelah signifie litt. « pierre d’achoppement / ruine » ; taḥat yadekha, « sous ta main », signifie sous ta responsabilité.

Ḥovesh est litt. « celui qui bande [une plaie] », donc soigneur/guérisseur ; ici métaphore du responsable capable de réparer la ruine sociale. Yissa’ peut introduire une déclaration solennelle.

Lamrot ‘enei khevodo est une expression dense : m-r-h signifie « se rebeller/provoquer » ; les « yeux de sa gloire » figurent la présence divine devant laquelle la révolte se déroule.

Hakkarat peneihem, « reconnaissance/aspect de leur visage », est inhabituel. Gamlu lahem ra‘ah emploie g-m-l, « rendre/rétribuer » : leur conduite produit pour eux-mêmes le mal.

Le texte consonantique permet une construction très brève : ’imru tsaddiq ki-tov. Le pronom pluriel de ma‘alleihem contraste avec le singulier « juste », particularité syntaxique à conserver en dossier philologique.

Gemul yadav est litt. « rétribution de ses mains ». La construction ’oy lerasha‘ ra‘ est très condensée : « malheur au méchant — mal [pour lui] ».

Me‘olel est difficile : enfant, jeune homme ou forme liée à « maltraiter ». Nashim signifie normalement « femmes », mais des propositions textuelles alternatives existent. Me’ashrekha joue sur ’-sh-r, « guider / déclarer heureux ». Bille‘u, « engloutir », décrit la destruction du chemin.

Lariv vient de r-y-b, « contester, plaider une cause » ; ladin, de d-y-n, « juger ». Les deux verbes installent explicitement le décor judiciaire.

Bi‘artem peut venir de b-‘-r, « brûler/consumer », avec le sens de « ravager, dévorer ». Gezelat he‘ani est le bien arraché au pauvre, litt. « vol du pauvre ».

Mah lakhem est une question accusatrice : « qu’avez-vous / que faites-vous ? ». Tiṭḥanu, de ṭ-ḥ-n, signifie litt. « moudre », image extrêmement forte de l’oppression.

Meshaqqerot ‘enayim est rare, probablement « lançant/clignant des regards ». Ṭafof évoque une démarche à petits pas ; te‘akkasnah est lié aux ornements de cheville qui tintent. Le sujet est « les filles de Sion » comme groupe social dans l’oracle.

Wesippaḥ signifie probablement « couvrir de croûtes / rendre galeux ». Pothehen est un euphémisme anatomique difficile, souvent compris comme « nudité / parties secrètes » ; ye‘areh signifie « mettre à nu, exposer ».

‘Akasim, shevisim et saharonim sont des termes de parure ; saharonim signifie litt. « petits croissants ». La liste 3:18–23 contient plusieurs hapax ou mots rares.

Netifot vient probablement de n-ṭ-f, « goutter », d’où pendentifs. Sheirot sont des bracelets/chaînes ; re‘alot, des voiles. Les détails matériels restent incertains.

Battei hannefesh, litt. « maisons du souffle/âme », est traditionnellement compris comme flacons à parfum. Leḥashim peut désigner des amulettes ou objets liés à des incantations ; l’étymologie rejoint la « formule murmurée ».

Ṭabba‘ot sont des anneaux/bagues ; nizmei ha’af, litt. « anneaux du nez ». Le parallélisme est matériel, sans difficulté syntaxique majeure.

Maḥalatsot, ma‘aṭafot, miṭpaḥot et ḥariṭim sont diversement identifiés : habits de cérémonie, manteaux, châles et sacs/bourses sont des équivalents plausibles.

Gilyonim est souvent traduit « miroirs », peut-être des plaques métalliques polies. Sedinim sont des linges fins ; tsenifot, des turbans ; redidim, des voiles ou châles larges.

Taḥat répété signifie « à la place de / sous ». Le dernier membre, ki-taḥat yofi, est incomplet ou extrêmement elliptique dans le MT ; « marque au lieu de beauté » suit une interprétation traditionnelle mais doit rester signalée comme incertaine.

Metayikh peut désigner « tes hommes » ; gevuratekh, litt. « ta force/puissance », est ici naturellement comprise comme les guerriers qui incarnent cette force.

Petaḥeha, « ses portes », reçoit des verbes de deuil par personnification. Niqqatah signifie probablement « vidée, dépouillée, dépeuplée » ; la cité s’assied à terre comme en lamentation.

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