Isaïe
IntroductionIsaïe 3
Nuances du texte source · restitution Déployée
Le jugement touche d’abord les ressources qui permettent à la société de tenir : nourriture, eau, puis responsables et compétences dans les versets suivants.
Il retirera le héros et le soldat, le juge et le prophète, le devin et l’ancien ;
Le retrait atteint aussi l’encadrement intermédiaire, le prestige social et les savoir-faire techniques ou rituels.
Le renversement du pouvoir est exprimé par l’âge et l’inexpérience : la communauté privée de ses responsables est livrée à une autorité instable.
L’effondrement politique devient désordre social : les rapports habituels de respect, d’âge et de statut sont renversés.
La pénurie de dirigeants devient grotesque : posséder seulement un vêtement suffit pour être pressenti comme responsable d’une société en ruine.
Le candidat refuse parce qu’il n’a lui-même aucune ressource. Le vocabulaire du « guérisseur » transforme le gouvernement attendu en réparation d’un corps social blessé.
Jérusalem chancelle et Juda s’effondre, parce que leurs paroles et leurs actes s’opposent au SEIGNEUR et défient ouvertement sa gloire.
Leur propre visage témoigne contre eux : ils affichent leur faute comme Sodome, sans chercher à la cacher. Malheur à eux ! Ils se préparent eux-mêmes le malheur.
Au milieu de l’oracle collectif, le texte distingue la destinée du juste : l’action produit un fruit dont il bénéficie.
Le parallèle avec v.10 est direct : le méchant reçoit lui aussi le fruit de ses actes, mais sous forme de rétribution négative.
Mon peuple est malmené par des dirigeants immatures, et des femmes exercent le pouvoir sur lui. Mon peuple, ceux qui prétendent te guider t’égarent et brouillent ton chemin.
Le SEIGNEUR se lève pour plaider sa cause ; il se tient debout pour juger les peuples.
Les responsables appelés à protéger le peuple sont accusés d’avoir eux-mêmes consommé la « vigne », image de la communauté, et d’avoir accumulé chez eux le bien des pauvres.
L’accusation culmine dans deux images de violence physique appliquées à l’exploitation sociale : écraser le peuple et moudre le visage des pauvres.
Le SEIGNEUR dit encore : « Les filles de Sion sont devenues hautaines : elles marchent le cou tendu, cherchent les regards, avancent à petits pas et font tinter leurs chevilles.
Le renversement du prestige est formulé par deux images humiliantes : atteinte du cuir chevelu et exposition publique du corps.
Commence une longue liste de parures retirées. Plusieurs noms d’objets sont rares ; les identifications françaises restent donc prudentes.
les pendants, les bracelets et les voiles ;
les coiffures, les chaînettes de chevilles, les ceintures, les flacons de parfum et les amulettes ;
Deux objets sont ici relativement bien identifiables : bagues et anneaux portés au nez.
La dépossession atteint maintenant les vêtements de prestige et les accessoires personnels.
les miroirs, les vêtements de lin fin, les turbans et les grands voiles.
Chaque signe de prestige est inversé en signe de deuil, d’humiliation ou de captivité. La dernière expression hébraïque est particulièrement condensée et probablement textuellement difficile.
Le regard revient de la parure urbaine à la guerre : la population masculine de combat est décimée.
La ville personnifiée clôt le chapitre assise à terre comme une endeuillée. Les portes, lieu de vie civique, participent elles-mêmes au deuil.