Ézéchiel
IntroductionÉzéchiel 23
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
La parole du SEIGNEUR me fut adressée.
Deux femmes, filles d’une même mère, deviennent les personnages d’une nouvelle allégorie.
Leur prostitution dès l’Égypte représente l’ancienne infidélité politique et religieuse des deux royaumes.
Le texte les identifie : Ohola est Samarie, Oholiba Jérusalem.
Samarie, pourtant liée à Dieu, s’est passionnée pour l’Assyrie.
Le prestige militaire et administratif assyrien est décrit sous une forme volontairement séduisante.
Elle a donc mêlé alliance politique et idolâtrie assyrienne.
Sans pour autant abandonner l’ancienne dépendance envers l’Égypte.
C’est pourquoi elle fut livrée à l’Assyrie qu’elle avait elle-même recherchée.
Sa chute et sa déportation devinrent un avertissement public.
Jérusalem vit ce qui était arrivé à Samarie, mais reproduisit la même conduite plus encore.
Elle rechercha à son tour le prestige assyrien.
Dieu vit donc que les deux sœurs avaient suivi le même chemin.
Jérusalem ajouta encore la fascination pour les représentations de la puissance chaldéenne.
Uniformes, chefs et officiers babyloniens devinrent dans l’allégorie l’objet de son désir.
Elle envoya alors des messagers en Chaldée.
L’alliance recherchée avec Babylone se transforma ensuite en dégoût et rejet.
Et le retrait de Jérusalem vis-à-vis de Babylone trouva son parallèle dans le retrait de Dieu vis-à-vis d’elle.
Elle se tourna alors de nouveau vers l’Égypte.
Le verset emploie une imagerie sexuelle animale très crue pour figurer la fascination de Jérusalem envers la puissance égyptienne.
L’allégorie ramène ainsi Jérusalem aux infidélités de sa jeunesse en Égypte.
Les anciens partenaires qu’elle a rejetés seront maintenant rassemblés contre elle.
Babyloniens, Chaldéens, Assyriens et autres forces apparaissent désormais non comme amants mais comme armée ennemie.
Chars, armes et soldats entoureront Jérusalem et exerceront contre elle le jugement militaire.
L’allégorie décrit ce jugement dans un langage corporel extrêmement violent d’humiliation et de mutilation.
La conquête dépouillera aussi Jérusalem de ses vêtements et de ses bijoux.
Ainsi prendra fin le système d’infidélité politique et cultuelle commencé en Égypte.
La ville sera livrée à ceux qu’elle avait fini par haïr.
Ils pilleront le fruit de son travail et l’exposeront dans l’humiliation.
Le texte explique lui-même la métaphore : ces choses viennent de la poursuite des nations et de leurs idoles.
Jérusalem a suivi le chemin de Samarie et boira donc la même coupe.
Cette coupe est profonde et large : le jugement sera vaste et public.
Elle est appelée coupe de dévastation et de douleur.
La ville est figurée la buvant jusqu’au fond dans une scène d’autodestruction et de deuil extrême.
Le cœur théologique du réquisitoire reste l’oubli du SEIGNEUR et le rejet de sa relation.
Je dois donc exposer publiquement les pratiques abominables d’Ohola et Oholiba.
Idolâtrie, sang versé et sacrifices d’enfants sont placés ensemble dans l’accusation.
Elles ont aussi profané sanctuaire et sabbats.
Le scandale est aggravé par le fait d’entrer au sanctuaire le même jour que ces sacrifices.
L’allégorie revient ensuite à la préparation séduisante d’alliances avec des hommes venus de loin.
La table, l’huile et l’encens reçus de Dieu sont eux-mêmes incorporés à cette scène d’infidélité.
Une foule nombreuse et des hommes venus de loin apportent bracelets et couronnes ; le détail textuel est difficile, mais l’image reste celle d’une fête d’alliance étrangère.
Le texte s’étonne que cette conduite continue malgré son ancienneté et son épuisement.
Samarie et Jérusalem restent traitées comme les deux femmes de l’allégorie.
Leur jugement combine les images d’adultère et de sang versé.
Une assemblée est appelée contre elles pour les livrer à la terreur et au pillage.
La scène de lapidation, d’épée et d’incendie traduit dans l’allégorie la destruction militaire des villes.
Le jugement doit mettre fin à cette conduite et devenir avertissement pour les autres communautés.
Le chapitre se ferme en reliant encore l’inconduite aux péchés des idoles.