Ézéchiel

Introduction

Ézéchiel 23

Analyse du texte source · restitution Philologique

Formule prophétique standard.

L’allégorie féminise les deux capitales/royaumes selon une convention prophétique ancienne.

Les verbes décrivent explicitement l’attouchement des seins ; la traduction ne l’euphémise pas, tout en signalant la fonction allégorique.

Les noms jouent sur ’ohel, « tente » : Ohola ≈ « sa tente », Oholiba ≈ « ma tente est en elle », probablement avec une portée cultuelle.

‘Agav : désirer passionnément, convoiter érotiquement ; l’objet historique est l’Assyrie.

Les titres paḥot / seganim désignent des dignitaires provinciaux/administratifs.

Gillulim, « idoles », est le terme polémique caractéristique d’Ézéchiel.

Le langage corporel est délibérément choquant ; il sert à peindre l’infidélité politique/cultuelle comme enracinée depuis les origines.

L’Assyrie, objet du désir, devient agent du jugement de Samarie.

La « nudité dévoilée » est une image d’humiliation publique et de conquête.

La comparaison morale structure tout le reste du chapitre.

La répétition lexicale est intentionnelle et doit rester perceptible entre les deux sœurs.

Derek eḥad : une seule voie, même conduite.

Shashar : pigment rouge, vermillon/ocre rouge utilisé pour les représentations.

Shalishim peut désigner officiers, aides de camp ou guerriers de rang ; l’identification précise est incertaine.

Le verset relie explicitement image, désir et initiative diplomatique.

Naqa‘ nefesh : se détacher avec aversion, éprouver du dégoût.

La reprise du même verbe naqa‘ crée un effet de miroir entre la femme et YHWH.

Le souvenir de l’Égypte structure l’allégorie comme fidélité fautive très ancienne.

Basar et zirmah désignent ici, dans une comparaison sexuelle crue, les organes/la chair masculine et l’émission séminale. L’hébreu est volontairement choquant.

La syntaxe est difficile, mais la reprise des seins/jeunesse d’Égypte est claire.

Le retournement amant → assaillant est le moteur de la section de jugement.

Peqod, Shoa, Qoa sont probablement des groupes ou régions orientales ; leur identification exacte reste discutée.

Hotsen est un terme militaire rare ; l’idée générale d’équipement/armes est sûre.

Les mutilations du nez et des oreilles sont attestées comme peines humiliantes antiques ; ici elles fonctionnent dans une métaphore politique particulièrement violente.

Kele tif’artekh : objets/parures de splendeur.

La section revient une dernière fois aux origines égyptiennes de l’allégorie.

Reprise de la formule de 23,17–18.22.

‘Erom we‘eryah : doublet « nue et dénudée », intensification de l’exposition publique.

Le verset est crucial pour ne pas isoler le langage sexuel de son référent politique et cultuel.

Motif biblique classique de la coupe du jugement.

Ainsi parle le Seigneur YHWH : tu boiras la coupe de ta sœur, profonde et large ; elle sera objet de rire et de moquerie, grande par sa contenance.

Shammah / shemamah : stupeur, désolation, ruine ; le jeu sonore est marqué.

Les verbes sont violents et difficiles ; la scène exprime l’extrême détresse produite par la coupe du jugement.

« Jeter derrière le dos » = rejeter délibérément hors de considération.

La formule rappelle les scènes de procès prophétique d’Ézéchiel.

He‘eviru peut renvoyer au rite de « faire passer » les enfants, souvent associé au feu ; le complément « pour nourriture » rend ici l’horreur explicite.

Le verset prépare l’explication concrète du v.39.

Quand elles égorgeaient leurs fils pour leurs idoles, elles vinrent ce même jour dans mon sanctuaire pour le profaner ; et voici ce qu’elles firent au milieu de ma Maison.

Kahal ‘enayikh : farder les yeux avec un pigment sombre, pratique cosmétique attestée dans l’Antiquité.

Le pronom féminin peut renvoyer à la table/scène ; l’idée générale est l’emploi profanateur des dons cultuels.

Le mot vocalisé Saba’im peut être compris comme Sabéens ou buveurs ; le contexte ethnique et commercial favorise « Sabéens » sans certitude absolue.

Le MT est très obscur ; « usée/vieillie dans l’adultère » est l’élément le plus assuré.

Le verset ne décrit pas des femmes historiques mais les deux capitales personnifiées définies au v.4.

Le langage judiciaire prépare la sentence collective des vv.46–47.

Qahal : assemblée/foule ; za‘awah : effroi, terreur.

Le verbe bara’ ici est difficile ; le contexte favorise « tailler/abattre » par l’épée.

Le verset généralise la fonction exemplaire de la catastrophe. Le référent allégorique doit rester présent pour éviter une lecture misogyne isolée.

La mention finale des gillulim, « idoles », encadre théologiquement tout le langage sexuel du chapitre.

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