Exode
IntroductionExode 9
Analyse du texte source · restitution Philologique
La formule reprend le schéma récurrent שׁלח / עבד : le départ est demandé afin qu’Israël serve YHWH plutôt que Pharaon.
מַחֲזִיק בָּם signifie « tenir fermement, retenir ». Le verset décrit donc non seulement un refus ponctuel, mais la persistance active de la rétention.
דֶּבֶר désigne une peste/épidémie frappant ici le bétail. כָּבֵד, « lourd », qualifie l’intensité de la plaie ; le même adjectif appartient aussi au réseau lexical du cœur de Pharaon.
הִפְלָה reprend la racine de « distinguer/mettre à part » déjà rencontrée en 8,18. La séparation entre Israël et l’Égypte devient un élément constitutif du signe.
מוֹעֵד signifie temps fixé/rendez-vous. Le caractère déterminé de l’échéance rend l’accomplissement vérifiable.
כֹּל מִקְנֵה מִצְרַיִם, « tout le bétail d’Égypte », est une totalisation rhétorique du récit. Des animaux égyptiens apparaissent encore dans la suite ; le texte ne fournit pas lui-même une harmonisation explicite.
Le verset souligne que Pharaon vérifie personnellement la distinction annoncée. וַיִּכְבַּד utilise כבד, « devenir lourd », sans agent extérieur exprimé.
פִּיחַ כִּבְשָׁן désigne la suie/poussière de fournaise. Le geste public devant Pharaon transforme un matériau industriel en signe de la nouvelle plaie.
שְׁחִין désigne une affection cutanée inflammatoire, ulcère/furoncle. פֹּרֵחַ, « fleurissant », décrit imagé l’éruption des אֲבַעְבֻּעֹת, pustules/cloques.
Le verset réalise exactement le signe annoncé au v.9, avec la même triade lexicale shehin / pustules / « fleurir ».
Après leur incapacité à produire les kinnim en 8,14, les hartummim deviennent ici eux-mêmes victimes de la plaie et ne peuvent plus « se tenir » devant Moïse.
C’est la première occurrence du cycle où YHWH est explicitement sujet causatif de חזק appliqué au cœur de Pharaon : « YHWH rendit ferme/fortifia ».
La nouvelle séquence revient au cadre matinal des avertissements précédents. La demande reste identique, ce qui souligne la persistance de Pharaon plutôt qu’une modification de l’exigence.
מַגֵּפֹתַי est un pluriel « mes coups/fléaux ». אֶל־לִבְּךָ, « vers ton cœur », vise Pharaon lui-même, pas seulement son environnement. Le but de connaissance reprend 8,6 sous forme absolue : « personne comme moi ».
Car maintenant j’aurais étendu ma main, je t’aurais frappé, toi et ton peuple, par la peste, et tu aurais été retranché de la terre.
הֶעֱמַדְתִּיךָ, « je t’ai fait tenir/maintenu », n’implique pas nécessairement « créé ». סַפֵּר שְׁמִי, litt. « raconter mon nom », vise la diffusion publique de la renommée liée aux actes accomplis.
מִסְתּוֹלֵל est rare ; le sens général est se dresser/s’élever ou se faire obstacle contre. La précision lexicale demeure un dossier S2.
בָּרָד כָּבֵד מְאֹד, « une grêle très lourde », emploie כבד pour l’intensité. Le superlatif historique « jamais depuis la fondation » amplifie la singularité annoncée du phénomène.
הָעֵז, hifil de עוז/עזז selon analyse, est compris comme « faire mettre en sûreté/mettre à l’abri ». L’avertissement ouvre une possibilité d’échapper à la plaie par l’écoute de la parole.
Celui qui craignait la parole de YHWH parmi les serviteurs de Pharaon fit fuir ses serviteurs et son bétail vers les maisons.
שִׂים לֵב, « mettre son cœur à », est le même idiome d’attention qu’en 7,23. L’opposition aux « craignant la parole » du v.20 structure la réponse humaine au signe annoncé.
L’ordre vise trois catégories exposées dans les champs : humains, animaux, végétation. Le verset réalise la menace conditionnelle annoncée aux vv.18–19.
קֹלוֹת, « voix », désigne ici le tonnerre. La scène combine grêle, tonnerre et feu ; le texte ne précise pas physiquement la nature du « feu » qui se déplace vers la terre.
מִתְלַקַּחַת, forme réfléchie/intensive de לקח, décrit le feu comme « se saisissant » ou jaillissant continuellement au milieu de la grêle. La tournure est imagée et exceptionnelle.
Le verset généralise les effets sur les éléments restés exposés. Les vv.31–32 préciseront ensuite que toutes les cultures n’étaient pas au même stade de développement.
La distinction géographique reprend le motif de Goshen en 8,18. Le texte l’énonce cette fois très brièvement comme exception à la portée nationale de la grêle.
צַדִּיק / רְשָׁעִים forment un contraste juridique : YHWH est « juste », Pharaon et son peuple « coupables/méchants ». La confession est explicite mais sa stabilité sera immédiatement mise à l’épreuve.
קֹלֹת אֱלֹהִים peut être compris comme « tonnerres de Dieu » ou intensif « tonnerres puissants ». Pharaon renouvelle la promesse de renvoi en échange de l’intercession.
פָּרַשׂ כַּפַּיִם, « étendre les paumes », est un geste de prière. La formule לַיהוָה הָאָרֶץ affirme la souveraineté de YHWH sur la terre, au-delà de la seule communauté d’Israël.
טֶרֶם exprime ici « pas encore ». Moïse distingue donc la confession momentanée de Pharaon d’une véritable crainte/reconnaissance durable.
אָבִיב désigne ici le stade de l’épi mûrissant de l’orge ; גִּבְעֹל qualifie le lin arrivé à un stade où sa tige est développée. Les termes ont une valeur agronomique précise mais discutée dans le détail.
אֲפִילֹת signifie ici « tardifs », c’est-à-dire à un stade moins avancé de croissance. כֻּסֶּמֶת est traditionnellement rendu « épeautre » ; l’identification botanique précise demeure discutée.
L’accomplissement reprend exactement le geste et les effets annoncés au v.29. נִתַּךְ décrit la pluie « versée/déversée » vers la terre.
וַיּוֹסֶף לַחֲטֹא signifie « il ajouta à pécher / pécha encore ». כבד est ici causatif : Pharaon « alourdit » son cœur, et ses serviteurs sont associés à ce mouvement.
Le chapitre termine en passant de כבד au v.34 à חזק au v.35. בְּיַד־מֹשֶׁה, « par la main de Moïse », est un idiome d’intermédiaire : la parole de YHWH est transmise par Moïse.