Exode 10

Analyse du texte source · restitution Philologique

הִכְבַּדְתִּי est le hifil de כבד : YHWH dit explicitement « j’ai alourdi son cœur », ainsi que celui de ses serviteurs. Le but exprimé est la manifestation des signes. La note anglaise présente dans l’export OSHB après ce verset est éditoriale et n’appartient pas au texte biblique.

הִתְעַלַּלְתִּי, hitpael de עלל, peut évoquer le fait de traiter durement, agir à sa guise envers, voire se jouer de quelqu’un. Déployée conserve cette amplitude. Le récit doit être transmis intergénérationnellement : fils et fils du fils.

לֵעָנֹת מִפָּנָי, de ענה au nifal, signifie ici « s’humilier / s’abaisser devant ma face ». La demande שַׁלַּח ... וְיַעַבְדֻנִי reste identique : laisser partir pour servir YHWH.

אַרְבֶּה est le terme courant pour la sauterelle migratrice, employé ici au singulier collectif pour l’essaim.

עֵין הָאָרֶץ, litt. « l’œil du pays », désigne sa surface visible. יֶתֶר הַפְּלֵטָה, « le reste de l’échappée », relie directement cette plaie aux survivances laissées par la grêle.

La comparaison remonte aux générations ancestrales pour souligner le caractère sans précédent de l’invasion. Le sujet non nommé de « il se détourna » est naturellement Moïse dans la continuité narrative.

מוֹקֵשׁ désigne un piège ou lacet. Les serviteurs de Pharaon interprètent désormais la résistance royale comme une menace pour l’Égypte elle-même. אָבְדָה, « est perdue/périt », présente le pays comme déjà ruiné.

מִי וָמִי est un redoublement interrogatif idiomatique : « qui exactement ? qui donc ? ». La question ouvre une nouvelle tentative de limiter le groupe autorisé à partir.

L’énumération est exhaustive : générations, sexes et troupeaux. חַג־יְהוָה désigne une fête cultuelle à YHWH et justifie la participation de toute la communauté.

רָעָה נֶגֶד פְּנֵיכֶם est ambigu : « le mal est devant vos faces » peut accuser une mauvaise intention ou menacer d’un malheur imminent. Le ton de Pharaon est clairement hostile, mais l’ambiguïté lexicale reste ouverte.

הַגְּבָרִים vise ici les hommes adultes, en opposition aux enfants et familles du v.9. La concession de Pharaon réduit donc le pèlerinage à une délégation masculine.

La sauterelle est de nouveau singulier collectif. L’ordre vise spécifiquement les végétaux rescapés de la grêle, faisant des deux plaies une séquence cumulative.

רוּחַ קָדִים, « vent d’est », est littéralement un « vent oriental ». נָשָׂא, « porter », décrit le transport de l’essaim par le vent.

כָּבֵד מְאֹד, « très lourd », décrit ici l’abondance/intensité de l’essaim. Le superlatif narratif le présente comme sans précédent et sans équivalent futur.

L’image de « l’œil du pays » est reprise du v.5. וַתֶּחְשַׁךְ, « le pays s’obscurcit », peut décrire l’ombre physique de l’essaim et anticipe lexicalement la plaie des ténèbres.

La confession est plus personnelle qu’en 9,27 : Pharaon reconnaît avoir péché « contre YHWH votre Dieu et contre vous ». Le récit ne conclut pas encore à un changement durable.

שָׂא נָא חַטָּאתִי, litt. « porte, je te prie, mon péché », emploie נשׂא dans son sens idiomatique de porter/enlever/pardonner une faute. « Cette mort » désigne la menace destructrice de l’invasion.

Le sujet est Moïse, repris du dialogue précédent. עתר continue le motif d’intercession déjà présent lors des grenouilles et de l’‘arov.

רוּחַ־יָם est litt. « vent de mer » ; en Palestine/Égypte, cela correspond à un vent d’ouest. יַם־סוּף est « Yam Souf », traditionnellement « mer des Roseaux » ; la restitution ne l’assimile pas mécaniquement à « mer Rouge ».

Comme en 9,12, YHWH est sujet explicite du hifil de חזק. Le récit distingue cette action du כבד attribué ailleurs à Pharaon lui-même.

וְיָמֵשׁ חֹשֶׁךְ est rare et discuté ; la racine משׁשׁ suggère palper/tâter, d’où « ténèbres que l’on peut sentir/toucher ». D’autres analyses existent ; Déployée garde l’incertitude visible.

חֹשֶׁךְ־אֲפֵלָה juxtapose deux termes de ténèbres et produit une intensification : obscurité profonde/épaisse.

מִתַּחְתָּיו, litt. « de dessous lui », est idiomatiquement « de sa place ». L’opposition ténèbres/lumière matérialise de nouveau la distinction entre Égypte et Israël.

Après avoir refusé les enfants en 10,11, Pharaon les concède ici mais tente de retenir les troupeaux. La négociation porte donc désormais sur les moyens matériels du culte et sur une garantie de retour.

תִּתֵּן בְּיָדֵנוּ, « tu donneras dans notre main », signifie mettre à disposition. זְבָחִים et עֹלוֹת distinguent sacrifices et holocaustes/offrandes entièrement consumées.

לֹא תִשָּׁאֵר פַּרְסָה, « pas un sabot ne restera », exprime l’exhaustivité. מַה־נַּעֲבֹד אֶת־יְהוָה est syntaxiquement serré : « ce que/comment nous servirons YHWH » ; le contexte vise ce que requerra le culte, connu seulement sur place.

אָבָה signifie consentir/vouloir. La combinaison avec חזק décrit une volonté royale qui demeure fermement opposée au renvoi malgré les concessions précédentes.

La menace porte sur une nouvelle audience face à face. Le motif de « voir la face » est ici politique et royal, distinct du dossier théophanique d’Exode 33.

לֹא־אֹסִף עוֹד, litt. « je n’ajouterai plus », est un idiome de non-répétition. La relation de cette déclaration avec les paroles de Moïse en Exode 11 doit être examinée narrativement en S2 sans modifier le texte du verset.

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