Exode 8

Analyse du texte source · restitution Philologique

YHWH dit à Moïse : « Dis à Aaron : “Étends ta main avec ton bâton sur les fleuves, sur les canaux et sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur le pays d’Égypte.” »

הַצְּפַרְדֵּעַ est au singulier mais fonctionne collectivement. Clarté et Proclamation passent au pluriel naturel ; Littérale conserve le singulier collectif.

Les hartummim firent ainsi par leurs pratiques secrètes et firent monter les grenouilles sur le pays d’Égypte.

הַעְתִּירוּ est un impératif d’intercession/supplication. Pour la première fois Pharaon demande explicitement aux médiateurs d’intercéder auprès de YHWH et associe cette demande à une promesse de renvoi.

הִתְפָּאֵר עָלַי, litt. « glorifie-toi sur moi », est idiomatique et difficile. Le contexte indique que Moïse laisse Pharaon choisir le moment, afin que l’accomplissement ne puisse être attribué au hasard.

La formule לְמַעַן תֵּדַע, « afin que tu saches », reprend le motif de connaissance. Ici la comparaison n’est plus seulement « savoir que YHWH est », mais « qu’il n’y a personne comme YHWH ».

Le retrait est annoncé avec סור, « s’écarter/se retirer ». Le Nil seul demeure l’habitat des grenouilles après la fin de l’invasion.

עַל־דְּבַר peut signifier « au sujet de l’affaire de ». Le verbe צעק, « crier », présente l’intercession de Moïse comme un appel intense, non une simple formule rituelle.

YHWH fit selon la parole de Moïse ; les grenouilles moururent dans les maisons, dans les cours et dans les champs.

חֳמָרִם חֳמָרִם est un redoublement expressif : « tas, tas / monceaux, monceaux ». באשׁ, « puer/devenir infect », reprend le vocabulaire olfactif du Nil en 7,18.21.

Cette fois le texte donne Pharaon comme sujet explicite de וְהַכְבֵּד, « il alourdit son cœur ». רְוָחָה signifie répit/soulagement, et le relâchement de la pression précède son refus renouvelé.

כִּנִּים est d’identification incertaine : poux, moustiques/moucherons ou autre petit parasite. Clarté/Lecture conservent « moucherons » provisoirement ; Philologique laisse ouverte l’identification zoologique.

Ils firent ainsi : Aaron étendit sa main avec son bâton et frappa la poussière du pays ; le kinnam fut sur l’humain et sur l’animal, et toute la poussière du pays devint kinnim dans tout le pays d’Égypte.

C’est le premier échec explicite des hartummim. לְהוֹצִיא signifie ici « faire sortir/produire », et l’incapacité est formulée simplement : « ils ne purent ».

אֶצְבַּע אֱלֹהִים, « doigt de Dieu », reconnaît une puissance qui excède celle des spécialistes égyptiens. Le texte n’indique pas qu’ils confessent pour autant YHWH par son nom.

Le scénario matinal reprend 7,15. La formule de demande « renvoie mon peuple, et qu’ils me servent » continue le réseau central שׁלח / עבד.

עָרֹב est traditionnellement rendu par « mouches/essaims », mais son identification zoologique exacte reste incertaine. Déployée/Philologique conservent le terme translittéré pour ne pas fermer prématurément le dossier.

הִפְלֵיתִי exprime l’action de distinguer, mettre à part. La séparation entre Goshen et l’Égypte devient elle-même un signe de la présence active de YHWH « au milieu du pays ».

פְדֻת est rare et peut relever du champ de la délivrance/rançon ou, dans ce contexte, de la distinction protectrice. L’étymologie ne permet pas d’imposer sans réserve « séparation » comme sens lexical unique.

כָּבֵד, « lourd », caractérise ici l’intensité de la plaie, tandis que שחת décrit le pays ravagé/corrompu. L’écho avec le vocabulaire du « cœur lourd » est lexical mais le référent diffère.

Pharaon propose une concession partielle : le sacrifice serait permis, mais sans quitter l’Égypte. Le conflit porte désormais sur le lieu et donc sur l’ampleur réelle du renvoi.

תּוֹעֲבַת מִצְרַיִם, « abomination de l’Égypte », peut désigner ce que les Égyptiens tiennent pour abominable. Le texte ne précise pas exactement quels animaux ou pratiques sont visés.

La formule « chemin de trois jours » reprend exactement la demande de 3,18 et 5,3. La modalité du sacrifice dépend explicitement de la parole divine : « comme il nous le dira ».

הַרְחֵק לֹא־תַרְחִיקוּ associe infinitif absolu et verbe : « éloigner, ne vous éloignez pas », soit « ne vous éloignez surtout pas trop ». Pharaon accepte le principe du départ tout en cherchant à en limiter la portée.

התל signifie tromper, se jouer de quelqu’un. Moïse nomme désormais explicitement la répétition des promesses non tenues de Pharaon.

Moïse sortit d’auprès de Pharaon et fit supplication à YHWH.

לֹא נִשְׁאַר אֶחָד, « il n’en resta pas un », souligne l’exhaustivité de la disparition, en contraste avec l’invasion massive du v.20.

Le sujet explicite est encore Pharaon. וַיַּכְבֵּד emploie la racine כבד : il « alourdit » son propre cœur malgré l’exaucement de l’intercession.

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