Exode
IntroductionExode 7
Analyse du texte source · restitution Philologique
נְתַתִּיךָ אֱלֹהִים לְפַרְעֹה, litt. « je t’ai donné pour elohim à Pharaon », reprend 4,16. Le texte décrit une relation de médiation et d’autorité ; Clarté/Proclamation ajoutent « comme » pour éviter une identification ontologique. נָבִיא, « prophète », définit ici Aaron comme porte-parole de Moïse.
La chaîne de parole est explicite : YHWH → Moïse → Aaron → Pharaon. Le sujet du dernier וְשִׁלַּח est naturellement Pharaon, repris comme destinataire immédiatement précédent.
אַקְשֶׁה vient de קשׁה, « être/rendre dur ». C’est une racine différente de חזק (« être fort/ferme ») et כבד (« être lourd »), autres verbes employés pour le cœur de Pharaon. La Philologique maintient cette pluralité lexicale.
צִבְאֹתַי peut désigner « mes armées/formations ». Le contexte de sortie collective conseille de conserver une valeur d’organisation sans surmilitariser. שְׁפָטִים, « jugements », désigne les actes judiciaires divins contre l’Égypte.
La formule « ils sauront que moi, YHWH » explicite un but théologique du cycle des signes : la connaissance de YHWH par l’Égypte, en parallèle de celle promise à Israël en 6,7.
La répétition « comme YHWH avait commandé, ainsi ils firent » est une formule d’obéissance qui deviendra récurrente dans les sections cultuelles de l’Exode.
« Fils de X années » est l’idiome hébraïque normal pour l’âge. La précision chronologique souligne que la mission publique commence tardivement dans la vie des deux frères.
La formule introduit le premier signe accompli directement devant Pharaon et ses spécialistes.
תַּנִּין n’est pas נָחָשׁ de 4,3. Il peut désigner un grand reptile/serpent, voire une créature aquatique selon les contextes. La distinction lexicale est conservée en Déployée/Philologique.
L’export OSHB contient ici une note éditoriale anglaise parasite qui n’appartient pas au texte biblique ; elle est exclue. Le sujet de la transformation reste le bâton d’Aaron.
חַרְטֻמִּים désigne une classe de spécialistes égyptiens, traditionnellement « magiciens ». לַהֲטִים renvoie à leurs pratiques secrètes ; l’étymologie et la nature exacte des procédés ne sont pas précisées.
Ils jetèrent chacun son bâton, et ils devinrent des tanninim ; et le bâton d’Aaron engloutit leurs bâtons.
חזק signifie ici « être fort/ferme ». Le sujet est « le cœur de Pharaon » ; le verset ne nomme pas explicitement l’agent de ce raffermissement, contrairement à d’autres passages.
כָּבֵד, « lourd », introduit une troisième nuance lexicale après קשׁה et חזק. La traduction scientifique doit préserver ces distinctions plutôt que rendre partout par « endurcir ».
Le récit revient à נָחָשׁ pour décrire le bâton de 4,3, alors que le signe devant Pharaon utilise תַּנִּין. שְׂפַת הַיְאֹר, litt. « lèvre du Fleuve », signifie sa rive.
La demande reprend 5,1–3, mais עבד, « servir », est désormais placé au centre : Israël doit sortir du service imposé par Pharaon pour servir YHWH.
בְּזֹאת תֵּדַע, « à ceci tu sauras », transforme le signe en moyen de connaissance. La déclaration répond directement au « je ne connais pas YHWH » de 5,2.
נִלְאוּ signifie « se fatiguer, être épuisé », d’où selon le contexte « renoncer/ne plus pouvoir ». Le singulier collectif הַדָּגָה désigne la population de poissons.
« Dans le bois et dans la pierre » est elliptique ; beaucoup comprennent les récipients de bois et de pierre, mais les substantifs « récipients » ne sont pas exprimés. Clarté/Proclamation peuvent expliciter fonctionnellement, Déployée/Littérale maintiennent l’ellipse.
Le sujet de וַיָּרֶם, « il leva », n’est pas nommé dans ce membre mais le commandement du v.19 désigne Aaron. Clarté/Proclamation explicitent donc Aaron sans changer le référent narratif.
Le récit reprend point par point les annonces du v.18, créant une structure annonce/accomplissement caractéristique des plaies.
Les hartummim d’Égypte firent ainsi par leurs pratiques secrètes ; le cœur de Pharaon se fortifia, et il ne les écouta pas, comme YHWH l’avait dit.
שִׁית לֵב, « mettre son cœur à », signifie prêter attention, considérer sérieusement. L’image contribue au motif du cœur sans employer ici un verbe de durcissement.
« Toute l’Égypte » est un collectif pour les Égyptiens. Le verset décrit une recherche d’eau autour du Nil mais ne précise pas explicitement la nature hydrologique de l’eau obtenue.
וַיִּמָּלֵא, « furent remplis/accomplis », marque l’achèvement d’une période de sept jours avant la nouvelle confrontation.
YHWH dit à Moïse : « Va vers Pharaon et dis-lui : “Ainsi a dit YHWH : Renvoie mon peuple, afin qu’ils me servent.” »
נֹגֵף, participe de נגף, « frapper d’un coup/plaie », introduit la nouvelle plaie. Le mot צְפַרְדֵּעַ désigne la grenouille ; le pluriel couvre ici l’invasion annoncée.
שׁרץ, « pulluler/grouiller », reprend un verbe de prolifération déjà appliqué aux Israélites en 1,7. L’énumération descend du palais aux installations domestiques les plus ordinaires.
Le verset clôt l’annonce par une progression personnelle : Pharaon lui-même n’est pas épargné. Dans d’autres numérotations, ce verset correspond à Exode 8,4.