1 Maccabées

Introduction

1 Maccabées 3

Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase

Après la mort de Mattathias, son fils Judas, surnommé Maccabée, prit sa place à la tête du mouvement.

Ses frères et tous ceux qui s’étaient attachés à son père le soutinrent, et ensemble ils combattirent avec ardeur pour Israël.

Judas rendit de nouveau de l’honneur à son peuple. Il s’équipa comme un guerrier puissant, organisa les combats et protégea le camp par les armes.

Dans ses actions, il était comparé à un lion, à un jeune lion rugissant lorsqu’il fond sur sa proie.

Il poursuivit les hommes qui méprisaient la Loi et traqua ceux qui opprimaient son peuple, allant jusqu’à détruire leurs positions par le feu.

La peur qu’il inspirait abattit les adversaires de la Loi ; ceux qui pratiquaient l’injustice furent déstabilisés, et la délivrance d’Israël progressa par son action.

Ses exploits irritèrent plusieurs rois mais réjouirent Jacob ; sa mémoire devint une bénédiction durable.

Il parcourut les villes de Juda, élimina du pays ceux qui persécutaient les fidèles et contribua ainsi à détourner de son peuple la colère qui pesait sur lui.

Sa renommée se répandit très loin, et il rassembla autour de lui ceux qui étaient dispersés ou en train de se perdre.

Apollonius réunit alors des troupes étrangères et une importante force venue de Samarie pour combattre Israël.

Judas l’apprit, marcha à sa rencontre et le vainquit. Apollonius fut tué, de nombreux hommes tombèrent et les survivants prirent la fuite.

Les hommes de Judas s’emparèrent du butin. Judas prit pour lui l’épée d’Apollonius et l’utilisa désormais dans ses combats.

Séron, commandant d’une force syrienne, apprit à son tour que Judas avait rassemblé autour de lui une troupe importante de fidèles prêts à combattre.

Il se dit : « Je vais me faire un nom et acquérir de la gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ceux qui méprisent l’ordre du roi. »

Une forte armée d’adversaires d’Israël se joignit donc à lui pour l’aider à exercer la vengeance contre les fils d’Israël.

Quand Séron atteignit la montée de Beth-Horon, Judas vint à sa rencontre avec seulement un petit nombre d’hommes.

En voyant arriver l’armée ennemie, ceux-ci dirent à Judas : « Comment une troupe aussi réduite pourra-t-elle combattre une telle multitude ? Nous sommes épuisés et nous n’avons pas mangé aujourd’hui. »

Judas répondit : « Une grande armée peut facilement être livrée aux mains d’un petit nombre. Pour le Ciel, sauver par beaucoup ou par peu ne fait aucune différence.

La victoire ne dépend pas du nombre des soldats : la puissance qui décide du combat vient du Ciel.

Eux marchent contre nous avec arrogance et mépris de la Loi pour nous exterminer, ainsi que nos femmes et nos enfants, et pour piller nos biens.

Nous, nous combattons pour notre vie et pour nos lois et coutumes.

Le Ciel lui-même les écrasera devant nous. N’ayez donc pas peur d’eux. »

À peine eut-il fini de parler que Judas lança une attaque soudaine. Séron et son armée furent mis en déroute.

Les hommes de Judas les poursuivirent dans la descente de Beth-Horon jusqu’à la plaine. Environ huit cents ennemis tombèrent et les autres s’enfuirent vers le pays des Philistins.

À partir de ce moment, Judas et ses frères inspirèrent une peur croissante, et les peuples voisins furent saisis de terreur.

La renommée de Judas parvint jusqu’au roi, tandis que les nations parlaient partout de ses victoires.

Lorsque le roi Antiochos apprit ces événements, il entra dans une grande colère et ordonna de rassembler toutes les forces de son royaume pour constituer une armée très puissante.

Il ouvrit le trésor royal, versa à ses soldats une année entière de solde et leur ordonna de se tenir prêts pour toutes les opérations nécessaires.

Mais il constata que ses réserves d’argent diminuaient et que les tributs rapportaient moins, en raison des troubles qu’il avait lui-même provoqués en supprimant les lois traditionnelles.

Il craignit de ne plus pouvoir financer ses dépenses ni distribuer les larges cadeaux auxquels il avait habitué ses partisans, plus généreusement encore que ses prédécesseurs.

Très inquiet, il décida donc de partir vers la Perse pour y lever les tributs des provinces et réunir de nouvelles ressources.

Il confia à Lysias, personnage important de sang royal, l’administration des affaires du royaume depuis l’Euphrate jusqu’à la frontière égyptienne.

Il lui confia aussi la garde et l’éducation de son fils Antiochos jusqu’à son retour.

Il lui remit la moitié de l’armée et les éléphants, ainsi que ses instructions concernant l’ensemble du royaume et tout particulièrement la Judée et Jérusalem.

Lysias devait envoyer une armée pour écraser la puissance d’Israël, détruire ce qui restait de Jérusalem et faire disparaître leur souvenir du pays.

Il devait ensuite installer des populations étrangères sur leurs territoires et répartir leurs terres entre de nouveaux occupants.

Le roi partit alors d’Antioche avec l’autre moitié de ses troupes. En l’an cent quarante-sept, il franchit l’Euphrate et se dirigea vers les régions orientales.

Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorymène, ainsi que Nicanor et Gorgias, trois hommes importants parmi les Amis du Roi.

Il leur confia quarante mille fantassins et sept mille cavaliers avec mission d’entrer en Juda et de le détruire conformément à l’ordre royal.

Ils partirent avec toute cette armée et établirent leur camp près d’Emmaüs, dans la région de la plaine.

Des marchands de la région, attirés par la perspective d’un grand nombre de captifs, vinrent au camp avec beaucoup d’argent, d’or et des chaînes afin d’acheter des Israélites comme esclaves. Des renforts syriens et philistins rejoignirent également l’armée.

Judas et ses frères virent alors que la situation devenait critique : les armées ennemies occupaient déjà leur territoire, et ils connaissaient l’ordre du roi d’anéantir leur peuple.

Ils se dirent : « Relevons notre peuple de sa ruine et combattons pour lui et pour les lieux saints. »

Une assemblée fut donc convoquée pour préparer la guerre, mais aussi pour prier et demander à Dieu miséricorde et compassion.

Jérusalem était presque vide comme un désert. Ses habitants ne circulaient plus librement ; le sanctuaire était piétiné, des étrangers occupaient l’Acra, et la joie avait disparu de Jacob : flûtes et lyres ne se faisaient plus entendre.

Les Israélites se rassemblèrent à Mitzpa, face à Jérusalem, parce que ce lieu avait autrefois servi de lieu de prière pour Israël.

Ils jeûnèrent ce jour-là, revêtirent des sacs, répandirent de la cendre sur leur tête et déchirèrent leurs vêtements.

Ils ouvrirent devant eux le livre de la Loi, celui-là même que les nations consultaient pour y rechercher des signes comparables à ceux qu’elles demandaient à leurs idoles.

Ils apportèrent aussi les vêtements sacerdotaux, les prémices et les dîmes, et firent venir les naziréens arrivés au terme de leur vœu.

Ils crièrent alors vers le Ciel : « Que devons-nous faire de tout cela ? Où pouvons-nous encore porter ces choses consacrées ?

Ton sanctuaire est foulé aux pieds et profané, et tes prêtres vivent dans le deuil et l’humiliation.

Les nations se sont rassemblées pour nous détruire, et toi, tu connais leurs projets contre nous.

Comment pourrions-nous leur résister si tu ne viens pas à notre secours ? »

Ils firent alors retentir les trompettes et poussèrent un grand cri.

Judas organisa ensuite le peuple militairement, en établissant des chefs de milliers, de centaines, de cinquantaines et de dizaines.

Conformément à la Loi, il renvoya chez eux ceux qui construisaient une maison, venaient de se fiancer, avaient planté une vigne ou se sentaient trop craintifs pour combattre.

L’armée se mit ensuite en marche et établit son camp au sud d’Emmaüs.

Judas leur dit : « Équipez-vous, soyez courageux et soyez prêts dès demain matin à combattre ces nations qui veulent nous exterminer, nous et ce qui est saint pour nous.

Il vaut mieux mourir au combat que rester spectateurs de la ruine de notre peuple et de nos lieux saints.

Quant à l’issue, que la volonté du Ciel s’accomplisse. »

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