Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 9
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Je te commande de garder la pureté, dit le Pasteur. Qu’aucune pensée au sujet d’une femme qui n’est pas la tienne, d’une relation sexuelle illicite ou d’une conduite semblable ne monte dans ton cœur. Souviens-toi toujours de ta propre épouse, et tu ne t’égareras pas. »
« Si une telle pensée prend place dans ton cœur, tu t’égares ; si tu accomplis l’acte mauvais, tu te donnes à toi-même la mort. »
« Garde-toi donc de cette pensée : là où habite la dignité, l’injustice ne doit pas monter au cœur du juste. »
Hermas demande : « Si un homme a une épouse croyante et la trouve dans l’adultère, pèche-t-il en continuant à vivre avec elle ? »
« Tant qu’il l’ignore, non. Mais s’il connaît sa faute, qu’elle ne se repent pas et persiste dans son adultère, alors, s’il continue à vivre avec elle, il devient participant de sa faute. »
« Que doit-il donc faire ? » — « Qu’il se sépare d’elle et demeure seul. S’il la renvoie puis épouse une autre femme, lui aussi commet l’adultère. »
« Et si, après la séparation, elle se repent et veut revenir à son mari ? »
« Il doit la recevoir. S’il refuse celle qui a péché mais se repent, il attire sur lui un grand péché. Il faut accueillir le pécheur qui se repent. La repentance, pour les serviteurs de Dieu, est une ; et cette règle vaut pareillement pour la femme et pour l’homme. »
« L’adultère ne consiste pas seulement à souiller son corps : celui qui adopte les pratiques idolâtres des nations commet lui aussi une infidélité. Si quelqu’un persiste dans de telles œuvres sans se repentir, ne partage pas sa vie, de peur de devenir participant de son péché. »
« Voilà pourquoi il vous est demandé de demeurer seuls, homme ou femme : dans de telles situations, une repentance peut encore avoir lieu. »
« Je ne donne pas ici un prétexte pour recommencer la faute, mais une voie afin que celui qui a péché cesse de pécher. Quant à sa faute passée, il y en a un qui peut donner la guérison : celui qui détient tout pouvoir. »
Hermas demande encore à être instruit, confessant son incompréhension.
« Je suis chargé de la repentance, répond le Pasteur, et je donne intelligence à ceux qui se repentent. Se repentir est déjà une grande intelligence : le pécheur comprend qu’il a fait le mal devant le Seigneur, se rappelle son acte, se repent, cesse de faire le mal, accomplit abondamment le bien, humilie son âme et éprouve du chagrin d’avoir péché. »
Hermas veut donc connaître avec précision les œuvres par lesquelles il pourra vivre.
« Tu vivras si tu gardes mes commandements et marches en eux ; quiconque les entend et les garde vivra pour Dieu. »
Hermas rapporte un enseignement selon lequel il n’existerait qu’une repentance : celle du baptême, où les péchés antérieurs sont remis.
« Tu as bien entendu : celui qui a reçu le pardon ne devrait plus pécher, mais demeurer dans la pureté. »
Le Pasteur ajoute pourtant que le Seigneur, connaissant la faiblesse humaine et les ruses du diable, a accordé une possibilité de repentance à ceux qui avaient été appelés auparavant ; cette mission lui a été confiée.
« Après le grand et saint appel, si quelqu’un tombe sous l’épreuve du diable, il a une repentance. Mais celui qui recommence sans cesse à pécher puis à se repentir se met dans une situation sans profit et vivra difficilement. »
Hermas se réjouit de cette parole d’espérance.
Il demande encore ce qu’il en est d’un veuf ou d’une veuve qui se remarie.
« Il ne pèche pas. S’il demeure seul, il acquiert un honneur plus grand devant le Seigneur ; mais s’il se remarie, il ne pèche pas. »
« Garde donc pureté et dignité. Les fautes antérieures seront pardonnées si vous gardez ces commandements et marchez dans cette pureté. »