Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 10
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Deviens patient et sensé, dit le Pasteur, et tu domineras toutes les œuvres mauvaises pour pratiquer toute justice.
Si tu demeures patient, l’Esprit saint qui habite en toi restera pur, sans être obscurci par un autre esprit mauvais ; il trouvera un large espace, se réjouira avec le corps où il demeure et servira Dieu avec allégresse.
Mais si l’irritation violente s’approche, l’Esprit saint, délicat, se trouve à l’étroit ; il cherche à s’éloigner, étouffé par l’esprit mauvais et empêché de servir le Seigneur comme il le voudrait. Le Seigneur demeure dans la patience ; le diable, dans l’irritation.
Faire demeurer ensemble ces deux esprits est mauvais pour l’être humain.
Prends un peu d’absinthe et verse-la dans une jarre de miel : toute la douceur est altérée par cette petite amertume.
Ainsi la patience est plus douce que le miel et utile au Seigneur ; l’irritation est amère. Si elle se mêle à la patience, celle-ci est souillée.
Hermas demande à connaître l’action de l’irritation pour s’en préserver. Le Pasteur lui répond qu’il doit s’en garder avec toute sa maison, mais qu’il demeurera auprès de ceux qui se repentent de tout leur cœur.
« Écoute maintenant comment agit l’irritation : elle détruit et détourne de la justice ceux qui sont vides et hésitants ; elle ne domine pas ceux qui sont pleins de foi.
Elle entre souvent dans le cœur à l’occasion de presque rien : soucis de la vie, nourriture, mesquineries, amis, donner ou recevoir — toutes ces choses vaines deviennent prétexte à l’amertume.
La patience, elle, est grande, forte, joyeuse, libre d’inquiétude, douce et paisible ; elle glorifie le Seigneur en tout temps.
L’irritation commence dans la légèreté et la folie ; de là naît l’amertume, de l’amertume l’emportement, de l’emportement la colère, de la colère le ressentiment. L’accumulation devient alors un péché grave et difficile à guérir.
Lorsque ces esprits mauvais remplissent le même vase que l’esprit de justice, l’espace intérieur déborde : l’esprit doux s’éloigne et l’être humain devient instable et aveuglé.
Éloigne-toi donc de l’irritation ; revêts la patience et résiste à l’amertume. Si tu maîtrises ce commandement, tu pourras garder les autres. »